Premier syndicat de l'enseignement professionnel

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Déclaration du SNETAA-FO à la CAPN des PLP du 28 février 2018 28/02/2018

Monsieur le Directeur général,
Madame la Présidente,
Mesdames et messieurs les membres de la CAPN,

Autres temps, autres méthodes ? La question reste entière.
Depuis la dernière CAPN d’ouverture, un autre ministre de l’Éducation nationale a pris ses fonctions, nommant un autre responsable à la tête de la DGRH. Vous avez, Monsieur le Directeur général, reçu le SNETAA-FO, premier syndicat de l’enseignement professionnel, contrairement à ce qui se pratiquait avant. Nous avons été entendus sur tous les points qui tiennent à cœur au SNETAA-FO : les conditions de travail, le mouvement des PLP, le traitement des agents non titulaires, la formation des maîtres, la seconde carrière… Il était temps pour nous d’exprimer à l’interlocuteur idoine les préoccupations des personnels.

Qu’en est-il ressorti ? Pas grand-chose pour l’instant. C’était pourtant le moment de prendre des actes forts, politiquement forts, qui auraient au moins rassuré les PLP, les auraient « ré-enchantés ».

Le geste aurait été fort de réunir tous les corps d’enseignants dans un groupe de travail commun pour le mouvement spécifique DDF et de permettre aux élus PLP d’intégrer le groupe de travail pour l’affectation en BTS, conformément à ce qu’a toujours demandé le SNETAA-FO. La DGRH s’est contentée d’une promesse de faire évoluer le texte de cadrage C’est vrai que le PPCR aurait dû nous rôder à la technique du différé. Mais pour le SNETAA-FO, il y a des questions qui doivent être traitées immédiatement. Nous ne sommes pas adeptes de la procrastination ; nous laissons cela à ceux qui ont signé la honteuse réforme sur la rémunération et l’évaluation des enseignants ; libre à eux d’expliquer aux collègues que les augmentations de salaire, ce n'est décidément pas pour maintenant !

Le geste aurait été fort de donner du souffle à l’enseignement professionnel dans les académies, par l’ouverture de postes dans nos LP ou SEP. Au lieu de cela, quasiment toutes les académies voient pour la rentrée prochaine leurs effectifs en PLP fondre. C’est de la provocation ! Si l’enseignement professionnel est véritablement la seconde priorité du ministre, son message n’est pas du tout clair.

Le geste aurait été fort de rendre le mouvement des PLP titulaires plus fluide et nous nous retrouvons cette fois encore avec un taux de satisfaction pour eux tournant péniblement autour de 33 %, largement inférieur, toutes choses étant égales par ailleurs, à la moyenne annoncée pour l’ensemble des corps. C’est l’aveu d’un terrible échec. On nous oppose à la satisfaction des personnels les besoins de l’institution ; il serait temps de trouver un juste équilibre. Le SNETAA-FO a le sentiment que les décisions se prennent toujours au détriment des PLP. Nous y reviendrons.

Défendre les PLP, défendre le corps spécifique des PLP au sein de l’Éducation nationale, défendre le statut des PLP, c’est toujours un mandat fort, un mandat essentiel du SNETAA-FO. Nous assistons, amusés, depuis quelques mois, à d’incroyables changements de position, autour de nous, sur l’enseignement professionnel. Ceux qui ont soutenu la casse du statut avec les décrets Peillon/Hamon, ceux qui ont soutenu la régionalisation, la mixité des publics et des parcours, ceux qui ont eu l’indignité d’approuver la sortie des LP de l’éducation prioritaire, ceux qui ne jurent que par les blocs de compétences, les champs professionnels, la diminution des PFMP, la seconde généralisée, la fin du diplôme intermédiaire, une orientation toujours plus différée, tous ceux-là trouvent aujourd’hui toutes les vertus à l’enseignement professionnel, instrumentalisent l’enseignement professionnel. Tout est bon pour brouiller les pistes !

Le SNETAA-FO rappelle ici que défendre l’enseignement professionnel avec ses spécificités, les PFMP, les diplômes nationaux, la voie initiale, la classe de seconde professionnelle, le diplôme intermédiaire, c’est montrer que ces piliers sont indissociables d’un autre : des enseignants dédiés à la mission de l’enseignement professionnel initial public et laïque, les PLP. Sans défendre ces spécificités, on ne peut prétendre défendre les PLP !

Le SNETAA-FO, lui, reste fermement campé sur ses fondamentaux ; le SNETAA-FO, lui, ne se renie pas et ne se reniera pas !

Sur le mouvement 2018, le SNETAA-FO rappelle que le taux de titulaires non mutés est catastrophique puisqu’il est en moyenne de 67 % pour l’enseignement général et oscille entre 53 et 92 % pour les disciplines professionnelles à flux significatifs. Cela est à mettre en regard des concours dans les mêmes disciplines qui ne sont pas ouverts alors que les besoins évoluent positivement en académie pour les disciplines 4100, 4200 et 4550, notamment en raison des départs à la retraite.

Ce sont les LP qui emploient le plus d’enseignants contractuels et vu la politique pratiquée par ce gouvernement, cela ne va hélas pas changer et bloquera d’autant plus le mouvement des PLP.

Le SNETAA-FO souhaite vraiment attirer l’attention sur la situation des collègues dans le tertiaire. Avec la transformation des bac pro compta et secrétariat en bac pro GA, le ministère a lui-même organisé la destruction de cette filière en lui faisant perdre son identité professionnelle. Aujourd’hui, projeter de regrouper les diplômes par familles de métiers, c’est accentuer encore plus ce phénomène et l’élargir à toutes les filières professionnelles. Comme il a été déjà précisé dans la déclaration générale d’hier, ces filières sont fortement touchées par les fermetures, ce qui ne laisse aucune chance aux titulaires de muter. Ce sont des situations difficiles qui sont à prendre en compte. Vous avez relevé comme nous qu’en vente, 6 académies présentent des barres à plus de 1000 points, comme 8 académies en GA.

Les académies de la Martinique, de la Réunion, de la Corse et à un moindre degré celle de la Guadeloupe ont toujours des capacités très limitées alors que leurs viviers se raréfient. Et là aussi, les barres sont très élevées.

Le SNETAA-FO dénonce les interprétations locales de la note de service sur le mouvement. Cela a eu pour effet de léser des collègues quant aux bonifications auxquelles ils pouvaient prétendre du fait de leur situation familiale et/ou médicale.

Enfin, comme nous l’avons dit dans notre récent communiqué de presse, le SNETAA-FO fait passer l’humain avant le barème. Toutes les situations vous seront donc soumises dans cette réunion et au-delà le cas échéant.

Le SNETAA-FO remercie le personnel de B2-2 pour sa réactivité dans les réponses à nos interpellations.