Premier syndicat de l'enseignement professionnel

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FIER D'ÊTRE PLP, FIER D'ÊTRE SNETAA-FO 12/06/2018

Le ministre a fait ses annonces pour, un jour peut-être…, une réforme de l’enseignement professionnel. Pour la rentrée 2018, pas d’impact si ce n’est des tests de positionnement des élèves qui nous arrivent. Ce qu’on vient d’arracher, ce qu’on vient de gagner, c’est du temps ! Du temps pour négocier. Négocier pour empêcher ce que l’on ne veut pas. Négocier pour améliorer ce que nous voulons.

Alors on peut faire comme si une réforme exécrable venait d’être votée dans une loi, comme si les grilles horaires proposées étaient gravées dans le marbre avec, à la clef, des milliers de suppressions de postes. Un jour peut-être… si on ne fait rien. Mais pas maintenant. Pas tant que le SNETAA continuera à mouiller la chemise ! Annoncer l’apocalypse avant qu’elle n’arrive est soit de la prévention soit de l’escroquerie. Jouer sur les peurs, se prendre pour Nostradamus, n’a jamais été SNEtAA-Fo. « Qu’ils fassent du bruit, on n’est pas des abrutis ! » (1)

Refuser la négociation, c’est refuser de peser. C’est refuser de porter la voix des profs de terrain, de préserver nos postes et même, d’améliorer nos conditions de travail. Les PLP n’en peuvent plus des publics auxquels ils font face. Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, quoi qu’on porte comme valeurs, on n’y arrive plus. Alors le statu quo, ce serait faire comme si tout allait bien et qu’on serait heureux d’aller au travail et de transmettre nos savoirs, nos techniques. Ce n’est pas ce que j’entends chaque jour dans les bahuts.

La communication du ministre lui appartient. La nôtre, c’est de savoir dire « NON » et c’est de savoir porter des propositions concrètes en tant que force incontournable. Les PLP sont incontournables. Comme le premier syndicat de l’enseignement professionnel, le SNETAA-Fo. Rien n’est gagné. Tout est à faire. Et nous sommes mobilisés, engagés, nos mandats chevillés au corps pour obtenir d’autres conditions de travail et permettre une insertion réelle des jeunes formés dans l’enseignement professionnel initial, public, laïque ; ces citoyens en devenir. Alors nous avons encore à combattre pour faire entendre que l’apprentissage comme première formation n’est pas rédemptrice des multi-difficultés de ces élèves encore enfants. Tout l’été, les militants, les adhérents, avec VOUS, nous allons nous réunir pour porter la voix des collègues du vrai terrain et pour encore travailler point par point toutes nos propositions, nos exigences. Pour défendre les disciplines, l’enseignement général, la professionnalisation des formations, les diplômes nationaux, les PFMP.

Je sais que l’ère de la com’ dans laquelle nous évoluons fait croire que le temps n’existe plus. C’est une gageure. Loin de Paris, on sait qu’il faut du temps pour tout. C’est cela qu’on vient déjà de gagner : du temps ! À nous d’être audibles, de ne pas nous contenter de regarder le train de la casse, de la déréglementation, des détériorations. « Tant qu’il y aura du grain à moudre »(2), nous, irons arracher, dénoncer, proposer, porter, améliorer ! À nous, oui, de faire gagner ce que les PLP de terrain réclament ! À nous de dénoncer ce que les PLP hurlent depuis des années ! Pour, pourquoi pas, un jour peut-être… recouvrer le bonheur d’être Professeur de lycée professionnel.

« Les ménestrels du malheur qui chantent l’apocalypse ne nous effraient pas. »(3)

Ce que veut le SNETAA-FO, c’est d’autres conditions de travail, d’autres salaires. La joie de retourner au travail. Voila notre mission. Notre seule mission !

Ce dernier congrès du SNETAA-Fo a été fort, exaltant, pour se donner les moyens de changer la vie des PLP. Avec vous !

Pascal VIVIER
Secrétaire Général



(1) PLP maçon, SNETAA.
(2) André Bergeron, ancien Secrétaire général de Force Ouvrière, 1988, R. Laffont.
(3) Claire Charrier, L’Express, 6 juin 2018, p.115.