Le Cadre Europeen De Certifications (Cec) : Un Pas De Plus Vers L’harmonisation Fin octobre, le Cadre Européen de Qualifications a été adopté par le Parlement Européen pour l’apprentissage tout au long de la vie. Ce mécanisme de correspondance des systèmes de qualifications des Etats membres, conçu pour mieux comparer et comprendre les qualifications des ressortissants européens, sensé soutenir la mobilité au sein de l’Union Européenne et la formation tout au long de la vie, devra être appliqué d’ici à 2012 au plus tard. Elaboré dans le cadre de la « stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi », le CEC favorisera, selon les représentants de la Commission Européenne, la mobilité interne et externe. Interne car ils affirment qu’il sera ainsi plus simple de passer du système d’enseignement professionnel au système d’enseignement supérieur, par exemple. Externe, pour travailler à l’étranger en toute reconnaissance des compétences de chacun. Du côté technique… @ Il comprend huit niveaux de référence à partir de la fin de l’enseignement obligatoire, allant du niveau de base au niveau le plus élevé. @ Peu importe le système dans lequel la certification est acquise, l’accent est mis sur les acquis et non plus sur la durée de la formation ou le type d’établissement dans lequel ils sont obtenus. @ Le CEC couvre tous les enseignements : général, enseignement et formation professionnels, enseignement supérieur, formation pour adultes. Les principaux avantages cités par la Commission européenne sont au nombre de trois : - les offres d’enseignement et de formation correspondront davantage à l’offre d’emploi et aux besoins du marché. - La validation des acquis formels et informels n’en sera que facilitée. - La mobilité entre pays européens sera plus évidente pour les individus souhaitant s’expatrier. De nombreux pays ont commencé à établir un cadre national de certifications. Ils devront être en mesure d’établir des correspondances entre ce cadre et le CEC d’ici 2010, pour être en mesure de mentionner la référence CEC sur les titres et diplômes nationaux d’ici 2012. Cette décision a été rendue sous forme de recommandation. Rappelons qu’une recommandation ne lie pas les Etats auxquels elle s’adresse. Par contre, la Cour de justice des Communautés européennes pourra s’en servir pour l’interprétation du droit national ou communautaire. Que peut-on lire entre les lignes ? Il est noble en effet de favoriser la mobilité des ressortissants européens et de prévoir un cadre qui permette de reconnaître leurs compétences, peu importe le pays d’exercice. Toutefois, il faut rester vigilant sur son application : qui sera en mesure de délivrer les qualifications ? Si obtenir une qualification en entreprise ne prend que quelques mois, pourquoi un individu irait passer deux, trois ou quatre ans pour obtenir un diplôme ? Parler de qualifications, n’est-ce pas réduire la valeur des diplômes ? Le SNETAA-eiL pense qu’un gros risque pèse encore une fois sur nos lycées professionnels publics. On ne peut pas aligner les diplômes obtenus dans nos établissements et une qualification donnée par un employeur ou un prestataire de formation. Comment seront élaborés les critères d’évaluation ? La parité sera-t-elle respectée dans les commissions comme aujourd’hui ? Adapter davantage les besoins d’enseignement et de formation aux offres d’emploi paraît sage. Les assujettir au marché devient dangereux. Le SNETAA-eiL pense que chacun doit rester à sa place : le rôle de l’école est de fournir une éducation et des diplômes sanctionnant cette éducation. Le rôle de l’entreprise est de fournir des emplois. Le SNETAA-eiL s’inquiète également de l’importance que peuvent prendre les prestataires de formation en tous genres, et ainsi d’un nouveau pas vers la privatisation de l’enseignement professionnel. Enfin, concernant la mobilité interne, le SNETAA-eiL s’interroge : si aucune filière supérieure n’est mise en place spécifiquement pour nos bacheliers professionnels, comment, du jour au lendemain, pourront-ils accéder à l’enseignement supérieur plus facilement qu’aujourd’hui ? Le SNETAA-eiL veillera attentivement à l’application de cette recommandation en France. Marjorie ALEXANDRE, Secteur International, SNETAA,
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