Syndicat National de l'Enseignement Technique, Action, Autonome

Lutter contre la Violence en milieu scolaire

VIOLENCE EN MILIEU SCOLAIRE

 

La circulaire 2006-125

La médiatisation

SIGNA

Certaines idées reçues

QUELQUES REFERENCES REGLEMENTAIRES

 

Parue au BO 31 du 31 août 2006 et intitulée « LUTTE CONTRE LA VIOLENCE », la circulaire 2006-125 rappelle quelques règles définies auparavant notamment pour ce qui concerne le Règlement intérieur des EPLE et les procédures disciplinaires. Elle rappelle aussi l’obligation de signalement des actes par les chefs d’établissement.

Ce qui est nouveau : les chefs d’établissement devront présenter un bilan annuel au Conseil d’Administration, lequel conseil d’administration devra adopter le plan de prévention élaboré par le CESC* pour chaque établissement.

 

Le SNETAA e.i.L ne peut qu’être d’accord avec ce dernier point qui est un mandat que notre organisation s’est donné lors du congrès national d’Anglet, en mars 2001, et qui est une des nombreuses propositions émises par les participants à la journée nationale que notre organisation a consacré à ce sujet en février 2006.

Congrès national d’Anglet, extrait de la motion :

Le signalement des phénomènes de violence :

 Pour lever la loi du silence trop souvent répandue, le Congrès demande l'obligation des signalements des phénomènes de violence à l'administration et leur communication à l'ensemble de la communauté scolaire.

 

Par ailleurs, elle insiste sur le « soutien sans faille à tous les niveaux de la hiérarchie » que l’administration doit à ses personnels, conformément à l’article 11 de la loi 83-634 du 13 juillet 1983 : « la collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes à l’occasion de leurs fonctions,… »

 

La médiatisation

L’école est un sujet traité de façon récurrente par la presse lors de chaque rentrée ; néanmoins, les phénomènes de violence en milieu scolaire ont connu ces derniers mois une audience médiatique exceptionnelle, entre le mois de décembre 2005 avec l’agression d’une collègue à Etampes (91) et les révélations de la presse sur les chiffres de signa dès cette rentrée. La médiatisation reste parfois le dernier recours des collègues pour dénoncer l’acuité du problème des violences et le silence qui règne dans une partie de la communauté éducative, elle peut peut-être aussi servir d’exutoire au traumatisme psychologique de l’enseignant agressé, traumatisme qui n’est pas pris en compte au sein de l’Institution où il n’existe pas de médecine du travail proche de ses personnels, ce que notre organisation a toujours dénoncé.

Ce qui semble plus inquiétant mais encore peu mesurable, ce sont les conséquences d’une telle diffusion. L’école a besoin de sérénité et ces révélations risquent de la remettre en cause.

Les chiffres publiés dans la presse sont des données brutes, incomplètes, pouvant contenir une part de subjectivité et qu’il faut donc manier avec précaution. Les collègues qui ont participé à la journée nationale que le SNETAA e.i.L a organisé sur ce thème le 1er février 2006, ont pu en témoigner.

Par exemple : certains signalements sont laissés à l’appréciation du chef d’établissement, c’est lui en effet qui doit « apprécier le retentissement au sein de la communauté scolaire ». Par ailleurs, il est avéré que les seuils de tolérance sont différents d’un établissement à un autre. Que penser par ailleurs des établissements qui ont signalé un grand nombre d’incidents sinon que le Chef d’établissement a fait son travail ?...

Ces chiffres n’ont jamais été secrets, contrairement à ce qu’affirme la presse : ils sont publiés sur le site internet du Ministère depuis l’existence de SIGNA, mais bien entendu sans le nom de l’établissement. Signalons au passage que certains établissements ne pourraient figurer au classement car quelques chefs d’établissements avouent et assument ne jamais remplir le logiciel.

 

L’objectif de SIGNA n’est pas d’effectuer un classement et surtout de stigmatiser certains établissements. A peine arrivé à un relevé statistique intéressant et quasi exhaustif par cet outil, le voilà menacé de disparition. Un syndicat de chefs d’établissement vient en effet de donner comme consigne à ses adhérents de ne plus renseigner le logiciel et propose une autre forme de recensement.

C’est d’autant plus regrettable que la circulaire de rentrée prévoit la communication des signalements, donc l’instauration d’un dialogue au sein des établissements. Ce que les enseignants réclamaient.

Les signalements sont un indicateur interne pour l’institution et leur exploitation doit être faite par les acteurs de l’école, pour une meilleure prévention. SIGNA est un outil qui permet, à chaque niveau de l’institution (établissement, département, rectorat, niveau national), d’établir une forme de diagnostic et mettre en place des solutions. Enfin, l’école a besoin de sérénité et ces révélations risquent de la remettre en cause.

Il est remarquable que, de toutes les commissions qui avaient été prévues lors de la création du CNAV (Comité national anti-violence) en 2001, la seule qui n’a pu aboutir est celle qui devait instaurer le dialogue entre l’Education Nationale et les médias sur le traitement du sujet, les logiques n’étant apparemment pas les mêmes…

 

SIGNA

Le logiciel signa : élaboré en 2001 par le Comité national anti-violence est conçu au départ comme un outil de diagnostic qui doit permettre de recenser les actes de violence et de faire le suivi de ces actes : dépôt de plainte, sanction interne etc… Il devait permettre de cibler les actions à mettre en œuvre à partir des statistiques établies (il existait déjà depuis 1996 une procédure de « remontée » des actes de violence pour 10 académies).

La France est le seul pays au monde à posséder ce genre d’outil.

 

 

Certaines idées reçues,

Les agressés-es ne sont pas exclusivement des personnels débutants. Les enseignants les plus chevronnés n’y échappent pas, comme certains personnels administratifs, vie scolaire, personnel de direction ou agents, et aussi des élèves. Rappelons qu’il existe aussi une violence des élèves entre eux et une violence des adultes entre eux , que tous les faits doivent être déclarés, y compris ceux qui ont lieu aux abords des établissements scolaires, qui ont une cause extérieure, y compris les suicides…

Vouloir nommer dans les établissements à risque les enseignants les plus anciens, c’est réduire le problème à des causes internes à l’Institution, notamment à un problème de pédagogie, renvoyer par là la responsabilité éventuelle des conflits au sein de l’école à une catégorie de personnel (les enseignants) et donc la stigmatiser.

A un vrai problème, on propose une fausse solution. La question qu’il faut se poser est la suivante : pourquoi existe-t-il des zones de non droit à l’école, que ce soit dans les zones les plus défavorisées ou non ?

 

Le SNETAA e.i.L a, dores et déjà, décidé l’organisation d’un colloque sur ce thème lors de son prochain congrès en Mai 2007. D’ici là, notre organisation continuera à débattre du problème à tous les niveaux, national et académique et continuera à faire entendre sa voix auprès du MEN. Et si la prévention de la violence doit être une priorité gouvernementale, notre organisation souhaite que soient réaffirmés la nécessité du respect de l’intégrité physique et morale de tous les personnels au sein de l’éducation nationale, et l’écoute et le soutien juridique et psychologique indispensables que l’institution doit leur apporter.

 

De très nombreux textes, directives, études… ont été publiés depuis plusieurs années. Autant d’outils en matière de lutte contre la violence pour tenter de trouver des remèdes. Il faut espérer que le dialogue puisse s’instaurer au sein des établissements et que la prise de conscience, à tous les niveaux, permettra enfin d’en améliorer l’efficacité.

 

QUELQUES REFERENCES REGLEMENTAIRES

* Le Comité d’Education à la Santé et à la Citoyenneté – Décret 2005-1145

« Art. 30-3. - Le comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté réunit, sous la présidence du chef d'établissement, les personnels d'éducation, sociaux et de santé de l'établissement et des représentants des personnels enseignants, des parents et des élèves, désignés par le chef d'établissement sur proposition des membres du conseil d'administration appartenant à leurs catégories respectives, ainsi que les représentants de la commune et de la collectivité de rattachement au sein de ce conseil. En fonction des sujets traités, il peut associer à ses travaux toute personne dont il estime l'avis utile.

« Art. 30-4. - Le comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté exerce les missions suivantes :

« 1° Il contribue à l'éducation à la citoyenneté ;

« 2° Il prépare le plan de prévention de la violence ;

« 3° Il propose des actions pour aider les parents en difficulté et lutter contre l'exclusion ;

« 4° Il définit un programme d'éducation à la santé et à la sexualité et de prévention des comportements à risques.

« Le comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté est réuni à l'initiative du chef d'établissement ou à la demande du conseil d'administration. »

 

La circulaire parue au BO du 31 août 2006 renvoie à un certain nombre de textes relatifs au partenariat Ecole-Justice-Police, Aide aux victimes, Procédures disciplinaires, Règlement intérieur…

B.O. n° 39 du 28 octobre 2004 : organisation des procédures disciplinaires dans les EPLE.

B.O.21 du 22 mai 2003 : Pilotage et accompagnement des dispositifs relais : classes relais et ateliers relais, B.O. n° 37 du 10 octobre 2002 : Convention cadre et cahier des charges relatifs aux ateliers relais (textes en cours de réactualisation).

Protocole d’accord éducation nationale-intérieur du 4 octobre 2004

Guide juridique du chef d’établissement en ligne sur le site

http://www.education.gouv.fr/sec/chefdet/default.htm

Circulaire n° 2000-106 du 11-7-2000 relative au Règlement intérieur dans les EPLE.

Décret n° 2000-633 du 6-7-2000 modifiant le décret n° 85-1348 du 18 décembre 1985 relatif aux procédures disciplinaires dans les EPLE

circulaire n° 2000-105 du 11-7-2000 relative à l’Organisation des procédures disciplinaires dans les collèges, les lycées et les établissements régionaux adaptés.

Décret n° 2002-999 du 17 juillet 2002 et circulaire du 17 juillet 2002 relatifs aux dispositifs territoriaux de sécurité et de coopération pour la prévention et la lutte contre la délinquance

Décret n° 2005-1145 du 9 septembre 2005 modifiant le décret n° 85-924 du 30 août 1985 relatif aux EPLE

Décret n° 2002-999 du 17 juillet 2002 et circulaire du même jour.

site du MEN : http://www.eduscol.education.fr

Entre autre nouveauté : site du MEN : http://www.eduscol.education.fr

Le mémento : Conduite à tenir en cas d’infraction en milieu scolaire indique, selon les faits, la qualification pénale et la conduite à adopter.

Un guide pratique : Réagir face aux violences en milieu scolaire. Ce guide intègre de nouveaux vecteurs d’atteinte à la vie privée tels que: blogs, happy slapping

 

A revoir aussi :

Circulaire de rentrée 2006-051 parue au BO 13 du 31 mars 2006 - Titre X

 

Catherine LANG (septembre 2006)

Secrétaire Nationale du SNETAA (eiL)

Membre du Comité national de lutte contre la violence en milieu scolaire.



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