Congrès d'anglet, mars 2001
Complément au rapport d'activité présenté au nom du Secrétariat National par
Bernard PABOT, Secrétaire Général du SNETAA
LE SNETAA, UNE REALITE FORTE AU CŒUR DU DEVENIR DE L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL
Mes camarades,
Mesdames, Messieurs,
Bonjour et bienvenue à ANGLET pour ce 32ème congrès du SNETAA.
La session que nous ouvrons aujourd'hui, au-delà de son rituel et de sa dimension statutaire tri-annuelle vient à point rappeler à l'opinion publique, aux PLP, aux syndiqués du SNETAA et aux responsables ministériels et rectoraux quelques vérités incontournables.
Y Elle témoigne en effet, et d'abord, de la force d'une organisation qui reste, n'en déplaise à ses détracteurs, aux trapézistes de la dialectique et parfois même à certains pouvoirs constitués l'une des plus grandes organisations syndicales d'enseignants et de personnels d'éducation de notre époque.
La seule à mettre sa puissance et sa créativité au service exclusif des personnels de l'enseignement professionnel initial public.
La seule dont les choix d'indépendance, de laïcité, de défense des intérêts des personnels et de promotion de l'enseignement professionnel initial public sont réellement inscrits dans le marbre du temps, au point de se confondre parfois avec l'histoire de l'enseignement professionnel de notre pays et de nourrir avec force une question :
PEUT-IL Y AVOIR ENCORE DEMAIN UN ENSEIGNEMENT PUBLIC ET LAIQUE SANS L'APPORT DE LA REFLEXION, DE LA CRÉATIVITÉ, ET DE LA DETERMINATION A AGIR DU SNETAA ?
Ces choix et ces valeurs constituent notre seule protection réelle contre les enjeux politiques et économiques, contre les volontés syndicales d'affaiblissement de domination ou de vassalisation. Ils nous permettent de transcender nos propres faiblesses internes, nourries parfois par les turpitudes des appétits de pouvoir ou par les errances personnelles de certains dirigeants.
Nous venons en ce domaine de connaître une crise interne dont la violence a trouvé sa source et son amplitude dans des volontés externes d'ingérence.
Il reste, n'en déplaise, que nous allons de congrès en congrès avec la satisfaction forte de constater que le SNETAA est debout et qu'il le reste.
LE SNETAA EST ATTAQUE PARCE QU'IL EST FORT
Le SNETAA est debout et il le reste : avec près de 43 % des voix aux élections professionnelles, notre syndicat s'est adjugé ,et de loin, la première place dans les lycées professionnels. Et ce, en dépit des coups de boutoirs frontaux assénés, avec la complaisance de certaines composantes ministérielles, par un cartel hétéroclite dont la seule cohérence réelle réside dans la volonté de mettre un terme au crédit et à la force de notre organisation.
C'est en effet le seul moyen dont ce cartel dispose pour tenter de mettre un terme à l'efficacité du combat du SNETAA pour le développement d'une voie spécifique et laïque d'enseignement professionnel.
C'est en effet le seul moyen dont il dispose pour tenter de freiner les avancées corporatives du SNETAA en faveur d'un corps de PLP qui a la redoutable tare à leurs yeux d'entraver l'extension à tout le second degré du corps des certifiés.
Et ce n'est d'ailleurs pas tout à fait un hasard si ce sont les mêmes, qui quelques mois plus tard, combattaient à l'opposé de nos positions, pour le retrait de propositions de modifications statutaires des PLP contraires, selon eux, à l'intérêt bien compris des PLP, qu'au demeurant ils ne syndiquent pas ou qu'ils représentent de façon très minoritaire, voire marginale.
Le statut des PLP ne pouvait à l'évidence pour ces organisations, qu'être très mauvais dès lors qu'elles mêmes étaient dans l'incapacité d'offrir aux certifiés d'éducation physique, aux certifiés d'arts plastiques, aux instituteurs spécialisés, les 18 h de service unifié obtenues par le SNETAA pour les PLP, sans distinction de disciplines, de diplômes, ou de lieu d'affectation.
DES ACQUIS DE MODFICATIONS DU STATUT INCONTESTABLES
Fort heureusement, les PLP n'ont eu, depuis le débat du printemps 2000, aucun besoin de la CGT, du SGEN, du SE-FEN, de FO, du SNES, du SNEP, du SNUIPP ou de la FSU pour reconnaître nos acquis syndicaux.
Par exemple,
- la réduction en une seule fois, sans doute sans précédent dans notre histoire et celle des personnels enseignants, de près de 20 % du temps de travail pour 24 000 enseignants, c'est-à-dire pour deux collègues sur cinq,
- le paiement aujourd'hui aux PLP de plusieurs milliers d'heures supplémentaires effectives pour une obligation de service et de suivi d'élèves définie hier sans limites et accomplie "gratis pro deo"
- l'entrée dans les poches des PLP des deux tiers du milliard de francs du collectif budgétaire d'avril 2000.
LA PROSPERITE DE NOS ACQUIS NOUS FAIT PEU D'AMIS
Y Les trois années qui viennent de s'écouler ont été marquées par une densité, une intensité d'activité et de débats externes et internes inégalée dans notre histoire. Elles sont résumées par une formule inscrite au fronton de notre rapport d'activité :
"des acquis pour les syndiqués, des coups pour le syndicat"
Cette opposition peut paraître paradoxale.
Mais elle ne doit en réalité surprendre aucun militant, tant il est vrai qu'en matière syndicale, on ne s'attaque ni à ceux qui échouent dans leurs entreprises ou dans leurs initiatives, ni à ceux qui suscitent l'indifférence.
On dit parfois que la prospérité fait peu d'amis.
A l'évidence, le SNETAA gêne.
Il gêne par la richesse de ses avancées revendicatives au profit des personnels et ce sont ses acquis que l'on veut abattre.
Il gêne par les résultats qu'il obtient pour la reconnaissance de l'enseignement professionnel et de sa spécificité.
Il gêne par son positionnement syndical singulier, mis en œuvre sur le seul et unique champ de l'enseignement professionnel.
Il gêne par une position d'indépendance syndicale qui le préserve de l'écueil de la complaisance à l'égard des pouvoirs politiques ou de celui d'une soumission diligente à des injonctions extérieures, fussent-elles fédérales.
Il gêne par une représentativité incontestable et maintenue face aux alliances politico-syndicales de circonstance, face aux allégations mensongères ou aux campagnes d'intoxication.
De surplus, suprême outrecuidance, les instances statutaires de notre syndicat ont en permanence le souci et la volonté de le préserver des prises de pouvoir ou des tentatives d'appropriation, accomplies en dehors des règles d'éthique et de démocratie syndicale qui ont permis aux personnels de disposer depuis cinquante ans d'un outil efficace, précieux et sans doute irremplaçable pour la promotion de leurs revendications.
DES COUPS POUR LE SYNDICAT
Des acquis pour les syndiqués, des coups pour le syndicat.
Cette formule résumera l'opposition entre la concrétisation au cours de la période écoulée de quinze ans de combats revendicatifs et l'agression permanente interne et externe conduite contre le SNETAA et ses responsables.
On a mené contre notre organisation syndicale des campagnes intégristes et staliniennes à propos des sanctions prononcées à l'encontre de certains militants.
On a tenté de conceptualiser contre nous des offensives manipulatrices autour du terme "d'exclusion".
Mais peut-on être responsable d'un syndicat et orchestrer une campagne auprès des adhérents pour les inciter à voter contre leur syndicat ? Peut-on leur demander d'accomplir leur devoir électoral professionnel pour voter contre leur syndicat si ce n'est pour une organisation concurrente ?
Peut-on être responsable et militant d'un syndicat en réunissant un congrès pour appeler les adhérents à un départ massif ?
Peut-on être responsable aux adhérents d'un syndicat dans le seul but de l'affaiblir et de le fractionner avec la volonté de le démolir aux élections professionnelles en construisant contre lui une autre organisation née d'une scission.
Peut-on être adhérent du SNETAA sans la volonté d'en respecter les statuts, les règles de fonctionnement, les mandats et les valeurs d'éthique ?
Des groupes extérieurs aux syndicats, membres de la FSU, ont manipulé et orchestré pour des stratégies de destruction syndicale qui leur sont propres, l'amertume, le ressentiment ou l'aveuglement de militants égarés, enfermés dans leur surenchère et leur irresponsabilité afin de mieux les lancer dans une entreprise de prise de pouvoir, puis devant l'échec de celle-ci, dans la déstabilisation et la démolition de leur propre syndicat.
Ils ont fait de ces collègues trompés des marginaux de notre syndicat, puis des exclus, qu'ils présentent aujourd'hui comme des victimes d'une répression syndicale néo-totalitaire, dans le seul but de tenter une fois encore d'exploiter leur détresse syndicale à des fins idéologiques ou partisanes pas tout à fait étrangères aux intérêts et aux stratégies qui sont celles de la majorité de la FSU.
Il n'y a que les sectes, les églises et les minorités intégristes pour se construire une idéologie de "martyrs".
Cette conception n'a guère de rapport avec la démocratie ou le combat pour les libertés, l'appartenance syndicale, la lutte pour les revendications.
Elle en a d'autant moins que les groupes qui orchestrent cette manipulation sont eux-mêmes très loin des modèles de démocratie, de tolérance, de liberté de pensée ou d'expression dont ils se veulent les prédicateurs des donneurs de leçons.
Les responsables de notre syndicat pouvaient-ils les laisser faire par faiblesse ou complaisance ?
Pouvaient-ils laisser démolir l'outil syndical, fruit de 50 ans de combats des personnels ?
LE CONFLIT EST LE COROLLAIRE DE NOTRE DEMOCRATIE INTERNE
Par sa durée, par les excès qu'il a autorisés, l'affrontement interne créé par Agir Autrement a mis en relief, à l'opposé des arguments exploités contre nous et pour qui ne veut pas être obstinément aveugle, une attitude extrêmement libertaire et démocratique de notre organisation, preuve de sa force interne et de sa maturité syndicale.
Croit-on vraiment en toute sincérité de pensée qu'une telle violence d'opposition aurait pu prendre place au SNES, au SNEP, voire même dans l'actuelle FSU sans qu'on lui envoie séance tenante les chars de la normalisation démocratique ?
De surcroît, il est évident que l'exclusion statutaire avec des droits de défense reconnus de quelques militants ne souffre d'aucune comparaison avec la démission d'office sans aucune concertation ou une exclusion de fait par la FSU programmée, sans aucune décision démocratique et sans aucun droit à défense, de 13 à 14 000 membres d'un syndicat.
Chacun aura bien sûr finement compris qu'une bonne manipulation dialectique, il s'agit, dans le cas du SNETAA, d'un acte lourdement répréhensible et attentatoire aux libertés mis à la charge d'une direction syndicale caporaliste. Dans l'autre, celui de la FSU, il faudrait y voir un simple combat légitime, avec refus de débat et d'appel, d'une direction fédérale pluraliste et démocratique contre de prétendus manquements irresponsables. Chacun aura compris que les questions posées par le SNETAA à sa fédération mettraient en danger la construction de l'autorité de notre fédération et hypothèqueraient ses grandes destinées.
Circulez mes Camarades, nous dit la FSU, il n'y a rien à voir.
Qu'on me pardonne, de quitter rapidement ces petits jeux de la dialectique dans lesquels se complaît la majorité fédérale, dès lors qu'ils n'ont, pour les adhérents, guère de signification réelle, si ce n'est celle de cacher parfois le bilan réel et la médiocrité de l'activité et des acquis.
"Le courage disait Jean Jaurès, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel".
La direction nationale du SNETAA pourrait faire sienne cette pensée tant il est vrai qu'elle décrit parfaitement la ligne de fond de notre réflexion et de notre action syndicale.
Y Nous avons achevé au cours des trois années écoulées de transformer en réalité les défis revendicatifs sans doute un peu utopiques que nous nous étions assignés en 1974 et 1985.
Je m'attacherai plus particulièrement à sept d'entre eux :
1 - la réunification du corps des PLP avec l'accès de tous au second grade et l'intégration dans celui-ci et pour la seule durée du mandat, de 15 000 PLP avec le bénéfice pour chacun de plusieurs milliers de francs mensuels.
2 - l'unification des services de personnels sur la base de 18 h avec la réduction en une seule mesure, et sans précédent, de 20 % du temps de travail hebdomadaire pour 24 000 collègues.
3 - la mise en extinction du 1er grade et l'intégration avec effet au 1er septembre 2000 de tous les exclus de la promotion au second grade, victimes de l'arbitraire, de refus rectoraux ou intégrés tardivement dans la fonction publique.
4 - l'assimilation au second grade de 11000 retraités PLP1 alors même que tout espace d'intégration leur était refusé en 1985 par un statut qui mettait en œuvre un dispositif permanent de deux grades quasiment cloisonnés, et excluant alors toute possibilité de mise en extinction du premier grade.
5 - une modification statutaire, déterminante, pour "les petites disciplines" permettant de contourner l'exigence d'une élévation du recrutement au minimum au BTS dans les disciplines professionnelles et qui conditionnent le bénéfice du second grade.
Cette disposition a permis l'ouverture de concours dans ces disciplines et l'accès au PLP2 pour plusieurs milliers de non-titulaires auxquels toute perspective de titularisation était interdite depuis plus de 15 ans.
6 - l'abrogation des dispositions négatives sur la globalisation et la pondération introduite pour les PLP2 dans nos statuts à partir de 1985 et qui seraient devenues opposables à chacun dès la rentrée de septembre 2000.
7 - la récupération du retard de notre hors-classe par rapport à celle des certifiés, l'affectation effective des personnels concernés à due proportion des emplois puis le rétablissement du taux à 15 %. Cette situation a permis d'assurer aux PLP le bénéfice de plusieurs milliers de promotions supplémentaires.
A ces acquis exceptionnels par leur étendue et leur importance, il convient également d'ajouter :
- la limitation à une heure du volume des heures supplémentaires hebdomadaires obligatoires,
- l'ouverture d'un débat sur l'harmonisation et "l'égalisation" des conditions de travail qui commence à porter quelques fruits sur les dédoublements.
- la mise en échec de la volonté ministérielle de créer des obligations de service distinctes pour les PLP en fonction de leur lieu d'affectation : affectés en lycée pour les uns, en SES/SEGPA pour les autres.
Nous sommes ainsi parvenus au bout d'un parcours syndical ouvert en 1974 par notre syndicat avec la fusion des trois corps des personnels de CET, PEG, PETT, PTEP, précédemment hiérarchisés dans leurs perspectives de carrière, leurs rémunérations et leurs obligations de service.
STATUT : QUAND L'HISTOIRE REPASSE LES PLATS
Par bien des aspects, l'histoire du printemps 2000 ressemble à celle que décrivait Jacques Fournier, secrétaire général du SNETAA en décembre 1974.
"Rejeter le statut, disait-il, c'est à un tel résultat que devraient conduire les analyses alarmistes effectuées au cours des dernières semaines par les états-majors CGT et CFDT des CET. Analyses largement répandues dans les établissements, par des militants de ces deux syndicats afin de mobiliser les enseignants de CET sur des points très sensibles (notation, horaires, disciplines) et d'obtenir leur participation à des grèves dont les plates-formes et les motivations professionnelles sont sans rapport avec le contenu du statut.
D'autres syndicats ont recherché tous les éléments réels ou supposés, susceptibles de recevoir une interprétation défavorable allant jusqu'à utiliser l'expression "corps enseignant en extinction" afin d'affoler les professeurs de CET et de cristalliser les mécontentements en vue de leur utilisation à des fins partisanes.
Le SNETAA, que l'on accuse aujourd'hui de ne pas réagir contre le projet de statut des personnels de LP, a suivi sans relâche au cours des deux années écoulées les problèmes que posait l'élaboration du texte et mesuré attentivement les incidences que sa publication pouvait avoir sur l'avenir de nos établissements et la situation de leurs personnels.
Cette attitude procure une fois de plus à nos détracteurs l'occasion de traîner dans la boue les militants du SNETAA". (fin de citation)
Rappelons que le Conseil Syndical National réuni à Tarbes en mars 1975 avait pris acte d'une réforme qui a ouvert pour les collèges d'enseignement technique un chapitre qui se referme aujourd'hui de 25 ans de combats et de construction syndicale :
- la mise en place d'un corps unique des professeurs de CET,
- la confirmation de la revalorisation indiciaire,
- l'ouverture de trois voies de recrutement et notamment de concours internes,
- l'application aux retraités de la revalorisation indiciaire,
- des mesures concomitantes pour la résorption de l'auxiliariat.
Et puis vint le lycée professionnel.
En 1985, après avoir salué la volonté gouvernementale de faire faire un gigantesque bond en avant à l'enseignement professionnel en constituant une filière de formation professionnelle à partir des lycées d'enseignement professionnel rebaptisés lycées professionnels, le SNETAA était conduit à se battre contre le contenu même du projet de loi et celui d'un projet de statut, rejeté par 90,5 % des syndiqués.
Le SNETAA et la CGT engagés en commun dans l'action, dans une unité sans précédent et irréelle aujourd'hui, appelaient en commun les personnels à exiger :
- la suppression de toutes les mesures qui constitueraient un retour en arrière pour les personnels (globalisation des services, heures pondérées,…),
- l'éclatement du corps unique,
- une réelle revalorisation de la situation de toutes les catégories des personnels (horaires, indices…)."
Michel Charpentier, secrétaire général du SNETAA écrivait à l'époque : "contrairement à nous, les responsables du ministère n'ont jamais pris comme point de départ l'amélioration de la qualification des personnels et ont toujours considéré que les PCET n'étaient globalement pas aptes à enseigner au niveau IV.
Le premier projet du Ministère visait à créer un diplôme de niveau IV en LEP, à l'époque des brevets de techniciens et non des bacs professionnels et à en confier l'enseignement exclusivement à des certifiés.
Mais présageant que peu de certifiés accepteraient de venir en LEP, le ministère envisageait d'ouvrir un concours interne du CAPES auquel accèderait 500 PCET qui seraient maintenus en LEP.
Le SNES bien sûr favorable à ce projet, proposait tout simplement que ces brevets de technicien soient ouverts exclusivement en lycée technique maintenant ainsi les LEP et les PCET dans le ghetto".(fin de citation)
S'exprimant sur le second projet, fruit des amendements du SNETAA et portant création du baccalauréat professionnel, M. Charpentier ajoutait : " pour enseigner dans cette filière, le ministère finit par reconnaître en toute logique qu'il faut faire appel aux personnels de l'enseignement professionnel. Il admet qu'une partie des actuels PCET auront vocation à enseigner au niveau IV (PLP 2e grade), les autres (la très grande majorité) étant condamnés au niveau V (PLP 1er grade).
De plus, pour juger de l'aptitude à exercer au niveau IV, le ministère ne retient qu'un seul et unique critère, le concours ; La formation, si elle existe, n'intervenant que pour les seuls admis après réussite à celui-ci.
Cette démarche nous apparaît à contre courant du bon sens puisque ainsi la qualification pédagogique n'est exclusivement fondée que sur la réussite à un concours universitaire de haut niveau sans tenir compte de la compétence, de l'expérience et de la formation acquise en cours de carrière.
C'est pourquoi le SNETAA proposait de remplacer le concours par une liste d'aptitude.
Pour l'heure, un nouveau statut unanimement contesté va cependant entrer en application. Cela n'empêchera pas le SNETAA de continuer à rechercher tous les moyens d'améliorer la situation statutaire et indiciaire des personnels". (fin de citation)
S'agissant de la situation syndicale précédemment unitaire, M. Charpentier poursuivait :
"Au cours des derniers mois, le SNETAA a défendu avec le plus d'acharnement et d'obstination l'intérêt des personnels. Il continuera de le faire avec la même détermination. Mais les exemples des derniers mois nous montrent à quel point la dispersion des forces est nuisible à toute notre corporation et à quel point il est urgent d'avoir un grand syndicat unitaire et de masse parlant au nom de tous les personnels".
J. Fournier et M. Charpentier ont été deux acteurs centraux de notre histoire syndicale et des progrès considérables que les enseignants de lycée professionnel ont pu engranger dans leur carrière, leurs revendications corporatives, leur métier, leur statut social et la reconnaissance de leurs capacités pédagogiques et professionnelles.
La contestation de 2000 rejoint sur le fond celles de 1974 et de 1985. Les conservateurs d'hier rejoints par le SNES ne sont pas devenus pour les PLP des progressistes guidés par le souci des acquis des personnels.
L'histoire a repassé les plats.
DIRE LE VRAI
Comme en 1974 et en 1985, le SNETAA a tenu une ligne "la bonne". Les acquis d'aujourd'hui le confirment, comme ils ont confirmé le sens et les fruits des combats de 1974 et de 1985.
C'est ainsi qu'en francs constants, corrigés de l'inflation, un PLP débutant dans le métier gagne aujourd'hui, quelle que soit sa discipline, 2230 F minimal de plus que le PCET de 1975 (le chiffre est de 808 F pour le PEG)
Cette somme atteint aujourd'hui au 11è échelon -classe normale- 5017 F pour un enseignant des disciplines professionnelles et 3290 F pour un collègue des disciplines générales.
Si on y intègre les acquis de la hors-classe arrachés en 1989, les majorations de salaire des collègues atteignent respectivement en francs constants au 7è échelon 7886 F pour un ex-PEG de CET et 8527 F pour un PTEP.
Toujours en francs constants, le tarif des heures supplémentaires/année s'est accru dans les disciplines générales de 50 % et de 88 % pour les disciplines professionnelles.
L'heure supplémentaire effective fait un bond qui peut atteindre 140 % selon la situation professionnelle retenue.
Enfin et pour la réflexion de chacun, alors que l'indice d'un certifié au 11è échelon s'est accru de 27 pts en 16 ans celui des ex PCET a bondi de 132 pts.
Qui, en dehors des organisations syndicales minoritaires, peut encore avec sérieux affirmer que les PLP sont méprisés ?
A moins bien sûr qu'ils continuent de l'être par les certifiés, qu'ils ont indiciairement rejoints et par les organisations qui les invitent à s'intégrer aux certifiés au nom d'un corps unique, fruit d'une unité mythique et d'une solidarité illusoire qui ne pourra qu'être fortement payée ultérieurement par le gel des acquis et l'impossibilité de progresser dans les carrières.
PRINTEMPS 2000 : L'ANTI-ALLEGRE POUR TENTER LE DEBORDEMENT DU SNETAA ET ORGANISER LA POLITISATION
Mais les témoignages de l'histoire sont une nécessité pour comprendre et analyser derrière les prétendus "échos unitaires de la base" les motivations et les stratégies des acteurs.
- l'évolution d'une CGT qui a quitté le terrain des LP pour rejoindre celui de l'ensemble du système éducatif et dont les personnels raisonnent leur carrière dans le grade de PLP2 comme un passage professionnel du col bleu au col blanc.
Ce col blanc dont le modèle social de masse le plus élaboré chez les enseignants au cours de l'histoire est celui des certifiés.
- les contorsions du SGEN, du SE, de FO, et de la CGT promus syndicats généraux syndiquant certifiés et PLP, partisans du corps unique et invités subitement à confirmer, si ce n'est à consacrer, la spécificité et le particularisme du statut des PLP.
Pouvait-il conforter un positionnement statutaire particulier des PLP et l'existence de deux voies distinctes professionnelles et technologiques ?
- les fuites en avant, les mensonges et les intoxications dialectiques d'organisations contraintes au combat frontal contre le SNETAA, privées d'arguments dès le début janvier par l'abrogation de l'article 31 du statut des PLP lequel organisait pour les PLP2 le cadre de la globalisation du service, son annualisation, et sa pondération.
- le déplacement des enjeux sur le terrain politique : l'anti-Allègre, la transformation avec la complaisance des syndicats, du concept de mouvement syndical vers celui filandreux et politique de mouvement social.
- l'intervention des extrémistes dans un véritable choix de lutte de classes, concrétisé par des actes hostiles traditionnellement réservés aux structures du capitalisme tels les piquets de grève, les chaînages d'établissement, les menaces individuelles, l'hostilité haineuse à l'égard de l'organisation syndicale majoritaire dès lors qu'elle est statutairement constituée et démocratique dans ses décisions.
Comment pourrait-on effacer le soutien apporté par le SNES, et à sa remorque, par les syndicats Unité Action de la FSU, c'est-à-dire en fait la FSU, (exception faite de l'UNATOS), à la CGT contre le SNETAA concrétisé par un vote idéologique le 6 mars en opposition avec celui de notre syndicat.
Le tout habillé d'un discours fumigène pour accréditer l'idée que le statut des PLP menaçait celui des certifiés. Qu'on demande un peu au SNES ou au SNEP, si prompts à vilipender et à trancher, quel a été leur message et leur vote dans le débat sur la possibilité de globalisation du service introduite dans la fonction publique en regard de la possibilité d'une avancée vers les 35 h !!?
Faut-il rappeler qu'en février 1994 déjà, le SNES avait contourné le refus du SNETAA de partir en grève en appelant dans notre secteur à l'action aux côtés de la CGT.
"Gardez-moi de nos amis, dit le dicton, de mes ennemis je m'en occupe"
Chacun aura observé que le remaniement gouvernemental, le rééquilibrage des forces le constituant, et la démission d'Allègre auront suffi à faire disparaître comme par miracle, les forces agitatrices des établissements et à convaincre certaines organisations de modifier radicalement leur jugement sur un statut élaboré le 24 mars par l'équipe Allègre et remis pour visa au Premier Ministre le 27 mars.
Mais sans doute était-ce sur le simple fait que le nom du signataire ministériel était désormais en bas du texte celui d'un Ministre "du mouvement social".
DENONCER LE RECOURS A L'INTOX
On ne flétrira sans doute jamais assez les intoxications orchestrées pour organiser la mobilisation des personnels de l'enseignement professionnel confrontés, comme bien d'autres enseignants d'autres corps, à de réelles difficultés d'exercice de leur métier.
On a poussé à cet effet l'individualisme, si ce n'est le nombrilisme professionnel, en jouant des oppositions entre catégories et disciplines, sans aucun souci d'unification revendicative et pour nourrir un conservatisme absolu dont le symbole martelé a été celui du retrait. Comme si les dispositions statutaires précédentes dénoncées et combattues par toutes les organisations en 1985 puis en 1992 constituaient un nirvana.
On ne flétrira jamais assez les appels à la grève lancés le 4 février pour le retrait d'une globalisation et d'une pondération par un certain nombre d'organisations pourtant informées dès le 11 janvier du retrait statutaire de ces dispositions.
On ne flétrira jamais assez les manipulations de plusieurs rectorats et de très nombreux chefs d'établissement, privés par le statut rénové de la possibilité d'organiser pour tous à la rentrée de septembre 2000, une globalisation des services qui leur donnait un pouvoir nouveau : celui de fixer les obligations des personnels et de s'assurer de leur disponibilité à leur égard et en faveur de leurs choix éducatifs.
On ne flétrira jamais assez l'escroquerie qui a consisté à présenter le 28 avril sans en changer un point ou une virgule, un texte statutaire prétendu acquis du mouvement social, préparé en fait par Allègre et précédemment rejeté par l'ensemble des syndicats minoritaires.
Aujourd'hui et sans qu'il soit pourtant nécessaire d'en remettre; le Cabinet Mélenchon ne peut résister périodiquement à des présentations filandreuses de certaines données du débat qui fleurent bon le dogme officiel du mouvement social de l'époque :
Après la diffusion privée par le canal de la littérature interne au parti socialiste d'un texte à la vérité tronquée et canalisée, le Ministère écrit aujourd'hui officiellement dans une note annexée au nouveau projet de grille horaire :
"Les grilles horaires des PLP ont été conçues en fonction d'un statut qui permettait l'annualisation du service des PLP. Le volume global affecté à chaque discipline pour un cycle entier n'est pas un multiple entier ou demi-entier du nombre de semaines effectif de cours dans l'établissement. Ce choix devrait permettre de consacrer des semaines entières à l'organisation des activités pédagogiques pluridisciplinaires".
De telles assertions sont à l'évidence quelque peu manipulatrices.
Qu'on en juge :
1) les précédentes grilles horaires que nous avons largement combattues ont fait l'objet d'un examen au CSE, très postérieur au 11 janvier, date officielle de concrétisation des intentions gouvernementales de retrait de la globalisation
2) l'annualité des horaires existe pour les "bacs pro" depuis 1985. Il est fréquent en CPC de débattre du volume horaire annuel… y compris pour des BTS. Toutes les actions de formation professionnelle sont définies dans le champ des adultes par un volume annuel.
Mais il est bien évident que le total annuel ne revêt de sens que sous le préalable d'un total hebdomadaire, ce qui à notre connaissance était fait dans les grilles précédentes.
Quant au nombre de semaines pris en compte pour les précédents horaires, il spéculait en fait non sur la globalisation mais sur des récupérations de temps d'enseignement à partir de la contraction du calendrier des examens.
Les derniers écrits ministériels sur les grilles horaires tentent enfin une nouvelle fois d'accréditer l'idée que la globalisation annuelle des horaires des élèves est une démonstration "a contrario" de la globalisation projetée de l'horaire de professeur.
La relation n'est évidemment pas univoque et la démonstration mathématique et statutaire reste largement à faire.
D'autant plus qu'au-delà d'une dialectique apparente, les propositions horaires du Cabinet Mélenchon sont dans un de leurs principes identiques à celles du Cabinet Ministériel précédent : un horaire hebdomadaire indicatif... c'est-à-dire susceptible de varier.
Il est à l'évidence qu'il est difficile d'être à la fois le ministre gestionnaire d'aujourd'hui et le leader du mouvement social d'hier.
Je suggère d'ailleurs au Ministre de se pencher sur les pratiques que certains chefs d'établissements tentent encore d'imposer aux personnels par exemple autour de la globalisation de l'horaire des modules...
Ce sera au-delà de l'exercice dialectique plus utile pour sa mission et plus intéressant pour les personnels.
On ne flétrira jamais assez les intoxications du SNES et du SNEP et du SNUIPP violemment hostiles au projet de statut des PLP, selon eux contraire aux intérêts des personnels.
Leur discours gagnerait sans doute en crédibilité s'ils avaient pu obtenir pour leurs mandants les 18 h d'obligation hebdomadaire pour tous, sans condition de disciplines, de diplômes ou de lieu d'affectation conquis par le SNETAA pour les PLP.
Nous suggérons donc au SNEP et au SNES d'examiner avec attention et efficacité les revendications par exemple des personnels d'éducation physique ou celles des certifiés d'arts plastiques qui accomplissent 20 h de suivi hebdomadaire.
Nous sommes aussi et évidemment convaincus que le puissant SNUIPP, très hostile au statut des PLP et aux 18 h mis en application à la rentrée pour les PLP de SES, obtiendra très rapidement pour les instituteurs spécialisés qui exercent en AIS les 18 h qui leur font gravement défaut.
LES 18 HEURES : UNE OCCASION HISTORIQUE UNIQUE A NE PAS MANQUER
Y Le SNETAA a choisi le chemin de la cohérence et de la continuité de pensée et d'action dans la fidélité à son histoire revendicative et à ses mandats.
Une nouvelle stratégie de négociation, sous couvert de la charte de l'enseignement professionnel mettait les 18 h à la portée de notre syndicat. C'était une occasion historique attendue depuis 15 ans et qui risquait de toute évidence de ne jamais se représenter.
Fallait-il le laisser passer au nom de la splendeur du mouvement social ?
Faut-il pour en mesurer la portée et les fruits préciser, à titre de comparaison, que hormis la hors-classe arrachée pour tous les corps en 1989, le statut des certifiés n'a connu aucune modification statutaire. Ni revalorisation indiciaire, ni réduction des obligations de service depuis cinquante ans !
Pensez-vous que Mélenchon et Lang pourraient aujourd'hui, en admettant qu'ils le veuillent, rouvrir et conduire un tel dossier s'il avait été radicalement rejeté par le SNETAA le 6 mars et par la-même abandonné ?
Pensez-vous que l'enseignement professionnel soit aujourd'hui la priorité de M. Lang au point de vouloir hisser les PLP définitivement au niveau des certifiés ?
Quelle homme politique aujourd'hui ferait de la revalorisation des personnels de l'enseignement professionnel le thème central de son action au Ministère de l'Education ?
HARO SUR LE SNETAA
Le SNETAA a affronté comme en 1974, en 1985 et en 1992, la difficulté autour de son choix et de sa volonté d'unification des personnels de lycée professionnel.
Comme en 1974, il l'a fait contre tous parce que la vérité des acquis n'est jamais celle du discours que l'on bâtit pour elle dans l'instant mais celle de leur conjonction et de leur amplitude dans l'histoire.
Comme en 1985, il lui a fallu engranger des acquis en poursuivant le combat de la négociation.
Le SNETAA a connu en 1974 avec la création du syndicat des PEG la dissidence. Comme en 1985, il a affronté les syndicats Unité Action.
Il a affronté en 1999 et 2000 une contestation multiforme qui n'a pu l'empêcher de faire une fois de plus la démonstration que l'action de notre syndicat était efficace, incontestable, profitable à tous.
Alors, il y a-t-il eu complot contre le SNETAA, terme que nous prêtent nos détracteurs pour accréditer l'idée dune paranoïa de la direction du SNETAA ?
Nul à l'évidence ne saurait l'affirmer.
Mais qui pourrait contester la convergence d'intérêts entre :
- ceux d'un cartel de syndicats qui piétine aux portes du pouvoir dans les LP depuis six ans et celui d'une direction fédérale incapable de réaliser son choix de vassalisation du SNETAA
- ceux d'un groupuscule scissionniste et celui d'une majorité de tendance qui fantasment sur une révolution de palais aux fondements idéologiques au sein de la direction du SNETAA
- ceux d'un gouvernement à l'affût d'une réduction du crédit du SNETAA,
- ceux d'autres partenaires prêts pour cela à déstabiliser une direction syndicale, à la discréditer, quitte à affaiblir ou à démolir notre syndicat, en commettant tous l'erreur de faire abstraction de ce qui a toujours fait la force de notre organisation : le respect de la volonté des adhérents, la proximité de ces derniers, la démocratie de nos débats et la force de ses instances statuaires.
Qui pourrait contester qu'une certaine forme d'offensive se poursuit encore aujourd'hui contre le SNETAA par exemple au détour de notre éjection du Conseil Supérieur de l'Education ou de la tentative de refaire dans certaines académies des élections professionnelles pour les seuls PLP !
La volonté actuelle de la FSU d'exclusion du SNETAA n'est pas de fait le résultat de ses échecs au printemps 2000, lesquels ont mis en relief le rôle hégémonique du SNES et ses stratégies pour l'avenir.
Qui ne voit que le SNES n'a jamais renoncé à son idéologie d'un grand syndicat du second degré ?
NOTRE CHOIX : GARDER ET PRESERVER NOTRE SENS SYNDICAL
Dans une société où la dilution de l'intérêt et des valeurs collectives, la confiscation si ce n'est le détournement des choix de solidarité ou d'unité au profit d'intérêts partisans ou personnels conduisent les chercheurs, les intellectuels et les politiciens à se demander comment redonner du sens à la pensée et à l'engagement social, civique et républicain, le SNETAA a choisi pour sa part de garder et de préserver le sens
- le sens de son action,
- le sens de la solidarité revendicative et des acquis collectifs,
- le sens de son syndicalisme qui le conduit à rejeter les manipulations non objectives de l'opinion, les engagements dans une action dont les finalités ne sont pas clairement explicitées ou qui n'exprime pas clairement une volonté de faire progresser les acquis des personnels.
- Le sens d'une action de progrès marquée par un rejet du syndicalisme qui s'enferme dans l'agitation de l'instant, dans les perspectives sans lendemain, ou dans les intérêts étroitement idéologiques ou politiques
- Le sens de l'autonomie d'action du mouvement ouvrier, qui nous interdit toute demande de paiement de jours de grève dont l'objet viserait à accréditer l'idée d'un engagement irresponsable dans l'action parce que gratuit ou celle fallacieuse, qu'il suffit d'avoir obtenu le paiement des jours de grève pour avoir gagné sur le terrain du recul de l'employeur et des avancées revendicatives,
- Le sens de l'appartenance au syndicat, du respect de l'outil collectif, de sa démocratie et de ses règles,
- le sens de la responsabilité vis à vis de nos mandats
- le sens enfin de l'indépendance qui conduit à mettre entre les mains des seuls syndiqués les destins du syndicat et à rejeter les ingérences, les pressions ou les chantages .
LE SNETAA A ADOPTE UNE ATTITUDE RESPONSABLE ET POSE LES VRAIES QUESTIONS
Fin janvier 2000, le Conseil National du SNETAA a après deux jours de débat arrêté la ligne du syndicat :
- poursuivre au plus loin possible les négociations sur le statut
- engager une action le 1er février sur ce qui paraissait être les vraies questions pour l'enseignement professionnel.
Le premier point a débouché lors du CTPM du 6 mars sur une première série d'améliorations apportées au texte du 11 janvier, puis sur une seconde série concrétisée le 24 mars, conduisant à un nouveau texte diffusé par le SNETAA le 27 mars et repris en l'état par Mélenchon le 14 avril.
L'action engagée le 1er février a conduit à mettre l'accent sur trois registres essentiels.
* les suppressions massives de postes, les fermetures de sections et les réductions des capacités d'accueil.
* le refus du dédoublement des classes chargées en enseignement général et dans les disciplines tertiaires ou médico-sociales et la dérobade ministérielle devant notre exigence d'amélioration des conditions de travail.
* la nécessité d'une ouverture massive de postes budgétaires pour faire face aux besoins de développement et de qualité de l'enseignement professionnel et pour assurer la titularisation des MA et des contractuels.
Le SNETAA écrivait alors au Ministre :
"Croit-on pouvoir vraiment négocier avec notre organisation un projet de modification du statut des PLP si dans le même temps la seule préoccupation est de se servir de ce projet pour donner des consignes de suppressions de postes".
C'est ainsi que pour certaines organisations, et en particulier pour certaines sections départementales de la FSU, nous serions devenus des diviseurs !
Comme si le rôle d'une organisation majoritaire était au nom de l'unité de se ranger derrière les initiatives de syndicats minoritaires, initiées pour le déborder !
Comme si le rôle d'une organisation majoritaire était de se soumettre à une plate-forme établie unilatéralement et de surcroît destinée à abuser les personnels sur la réalité profonde des débats statutaires !
C'est décidément une bien curieuse conception de l'unité syndicale que celle qui désormais exige des syndicats indépendants et des personnels de marcher au son du clairon, et aux pas cadencés de la coalition dénommée "mouvement social" des minorités syndicales et des groupuscules politiques.
Les attitudes choisies pour générer la grève, piquets de grève dans les établissements, chaînages d'établissement , pression psychologique intégriste et haineuses campagnes idéologiques néo-staliniennes contre le SNETAA, témoignent si besoin en est de la réalité des choix unitaires qui furent ceux mis en avant pour tenter d'imposer l'idée quelques jours après d'un SNETAA collaborateur docile du ministère.
Le 27 janvier, le Conseil Supérieur de l'Education était saisi de grilles horaires pour les BEP et les Baccalauréats Professionnels dont le SNETAA s'est clairement démarqué (abstention de vote pour le BEP, vote en contre pour le Baccalauréat Professionnel).
Nous avons alors tout au long du Conseil de l'Education recherché, seul, à améliorer et à amender les textes présentés face à un syndicalisme de la facilité du refus péremptoire, prôné par la CGT, le SE, le SGEN et FO, transformés par choix ou par vide de propositions, en interlocuteurs muets enfermés dans leur litote sur le retrait statutaire et le non idéologique.
Comme si le silence constituait la meilleure attitude syndicale pour la défense des intérêts et des revendications des personnels !
DE VRAIES INQUIETUDES SUR FOND DE CONTESTATION ORCHESTREE
Le SNETAA a croisé au printemps plusieurs formes de contestations élaborées :
- celles d'adeptes de la thèse d'une erreur syndicale profonde du SNETAA, immobiles dans leurs choix au point d'être aveugles et autistes et qui persistent parfois encore à penser que la globalisation était à l'ordre du jour du statut.
- celle de certains syndiqués, parfois membres des minorités syndicales de notre organisation, qui jugent aujourd'hui l'attitude du SNETAA juste, refusent de faire leur aggiornamento et persistent dans l'idée que le syndicalisme de l'action pour l'action doit primer sur celui des revendications.
Même s'il devait conduire au retrait sans doute définitif d'une proposition sur le service à 18 h, attendue et revendiquée par notre syndicat depuis 15 ans !!
Pour ceux-là le syndicalisme doit être dans la rue dès lors des personnels y sont : c'est le choix du syndicalisme de l'instant, celui de l'opportunité et parfois de l'éphémère, mais c'est surtout celui construit sur des bases idéologiques et qui mesure la réussite du syndicalisme à l'aune du seul désordre social ou de l'ampleur du mouvement qu'il génère.
Je ne doute d'ailleurs pas que quelques délégués viendront à cette tribune, en toute démocratie syndicale, défendre de telles thèses qui n'ont jamais été celles de notre organisation.
Il conviendra de les écouter mais aussi de se rappeler que ces camarades étaient aux côtés de la CGT le 4 février 2000, parfois même contre le SNETAA.
C'est ainsi que quelques militants de notre organisation sont allés jusqu'à opter et plaider en faveur de la "désobéissance syndicale" en faveur des thèses de syndicats concurrents.
Chacun peut comprendre ici qu'on ne peut pas demander à des adeptes d'un syndicalisme relais de mouvances politiques de se faire les gardiens du temple de notre syndicalisme et d'en préserver le sens historique.
On pourrait par exemple leur demander ce qu'ils pensent de la diffusion aux personnels, pour envoi à leur député de ce texte sans en-tête issu des couloirs du SNES.
Après un positionnement à finalité politique :
"Comme beaucoup d'enseignants, j'envisage lors des prochaines élections de ne pas voter pour les candidats de la "gauche plurielle et ce pour manifester mon opposition sur deux points" :
- le texte évoque notamment "les attaques sans précédent contre le statut des enseignants" et notamment, je cite :
"* l'allongement de la durée de notre temps de travail alors que le gouvernement affiche la volonté politique d'une réduction du temps de travail ;
* la redéfinition de nos services ;
* l'annualisation et globalisation."
Le second porte, et je cite à nouveau, sur "l'opposition aux méthodes scandaleuses et indignes de Monsieur Allègre. Ce ministre de la République dont les discours aux relents populistes, mélangent des contrevérités grossies de calomnies etc…et la suite avec des épithètes divers.
"Par conséquent, conclut le texte, si le parti auquel vous appartenez et vous-mêmes ne désavouez pas publiquement ce ministre et si vous continuez à soutenir en matière d'éducation la politique actuelle, vous compterez une voix de moins aux prochaines élections : la mienne. (date,nom, signature…)."
Alors, Bonjour l'indépendance syndicale !!
LE "MOUVEMENT SOCIAL" N'A FAIT QUE REPORTER LES ECHEANCES SUR LES VRAIS DOSSIERS
Le recul du temps confirme la pertinence des analyses et des priorités du SNETAA.
Le "mouvement social", et avec lui son habillage syndical, se sont effacés, comme par un hasard merveilleux, avec le renouveau et le rééquilibrage gouvernemental.
L'opposition aux modifications de statut s'est résorbée à partir du texte du nouveau ministre, qui s'est proclamé rapidement Ministre du Mouvement Social, texte dont la seule originalité est d'avoir été totalement rédigé par l'équipe Allègre !
Comme par hasard, les organisations hostiles aux réformes les ont par un coup de baguette magique acceptées !
CGT et FSU en tête ! Changer le papier d'emballage sans toucher au fond, c'est bien ce qu'il fallait faire pour séduire des syndicats qui s'attachent délibérément à la superficialité !
Reprenant le flambeau des revendications abandonnées sur le sable du reflux du mouvement social , le SNETAA a arraché au ministre en juillet 2000 la constitution de 6 groupes de travail, tant il est vrai que nos préoccupations sur le fonctionnement de l'enseignement professionnel et les conditions de travail des personnels restent entières.
C'est ainsi que le SNETAA a été conduit à appeler à nouveau à l'action le 22 janvier avec une plate-forme en 6 chapitres :
- la situation de rentrée,
- la nécessité de mesures pour améliorer les grilles horaires,
- la disparition programmée de l'enseignement professionnel en 4° et 3° de SEGPA/EREA,
- la précarité, amorce d'un possible contrat de dupes,
- la dégradation du pouvoir d'achat et les menaces sur les acquis sociaux.
- la mise en cause de la laïcité par la relance de l'apprentissage, le développement de groupements d'intérêt public. Et qui confirme le choix ministériel du détachement d'enseignants dans des entreprises privées pour concevoir les logiciels éducatifs nécessaires au développement d'un véritable marché privé de la formation professionnelle initiale,
Les réponses communiquées par le Ministre au SNETAA le 13 février sur deux questions : l'amélioration des grilles horaires et des dédoublements, l'augmentation de 40 % de la capacité de titularisation sont là pour témoigner de nos nouveaux acquis syndicaux.
LA SITUATION FAITE A L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL RESTE DIFFICILE
Il reste cependant que la situation reste très difficile.
Le Ministre délégué n'est sans doute pas totalement responsable de choix qui ont été mis en oeuvre dans ce pays d'un enseignement professionnel que l'Etat n'a aucune obligation constitutionnelle d'assurer et dont il a fait un élément de régulation du système éducatif.
C'est ainsi que l'enseignement professionnel n'a des élèves que lorsque la France connaît des poussées démographiques, qu'on développe l'apprentissage pour réguler les besoins scolaires de l'enseignement professionnel, ou qu'on recrute des PLP lorsque les certifiés apparaissent en surnombre. En outre, c'est à l'évidence volontairement, et pour maintenir une instabilité et une réversibilité de l'engagement d'état dans l'enseignement professionnel, que la précarité est maintenue depuis toujours à un niveau élevé en lycée professionnel.
On pourrait aussi décliner les chapitres autour de bien d'autres données : l'orientation, les créations de postes budgétaires, la relation à l'apprentissage et aux mesures en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes, les classes passerelles, l'expulsion de l'enseignement professionnel des SEGPA…
L'Etat joue donc en permanence sur une flexibilisation des besoins de l'enseignement professionnel en fonction des soldes éducatifs et budgétaires qu'on lui assigne.
Avec 180 postes nets disponibles sur le terrain à cette rentrée, l'enseignement professionnel ne sera pas en capacité d'affronter les défis que lui assigne Mélenchon.
- reconquérir une partie de la baisse de 34000 élèves pour une grande partie orientés à la rentrée 2000 vers les lycées dont certains vont rejoindre et gonfler la cohorte des 20 000 triplants de la classe de seconde.
- rééquilibrer les horaires de BEP et de Bac Pro, ce qui nécessite selon le ministère lui-même près de 1000 équivalents-emplois à temps plein
- relancer le CAP,
- maintenir les 4T-3T et les SEGPA,
- ouvrir des BTS,
- créer des centres de validation des acquis.
Il faudra donc une fois encore confirmer les besoins avec plusieurs mesures évidentes :
- faire baisser une fois encore les recrutements au profit du lycée et de l'apprentissage. C'est sans doute une des raisons pour laquelle le ministère a reculé les débats organisés du groupe consacré à l'orientation.
- redéployer le fonctionnement à moyens constants pour se garder des marges pour des actions d'image médiatique, ce qui suppose un nouveau cortège de suppressions de sections et de postes, notamment en SEGPA et dans les classes à faibles effectifs.
- différer les dates d'application des réformes qu'il s'agisse des CAP, de l'orientation ou des grilles horaires.
La rentrée s'annonce difficile et tout le confirme.
LES GRILLES HORAIRES SONT REMANIEES
Les grilles horaires ont été remaniées et prennent mieux en compte nos revendications.
L'horaire y est proclamé hebdomadaire, mais il reste indicatif, c'est-à-dire susceptible de modification, de négociation ou de manipulation par les directions d'établissement.
Le PPCP est intégré avec une première amorce de découpage disciplinaire et une dotation horaire dédoublée pour la concertation.
- L'enseignement civique est inscrit au programme mais son organisation à hauteur d'une demi-heure par semaine conduira évidemment avec de lourdes ambiguïtés, à une autre base de référence que celle de la semaine.
- le volume horaire de certaines disciplines est dans certaines sections accru.
- les taux de dédoublement notamment dans les enseignements généraux sont fortement augmentés sans répondre à certains besoins tels ceux des enseignements artistiques. Pour autant, les seuils de dédoublement restent immuables, ce qui ne contribue pas à régler certains dossiers revendicatifs, tel celui du dédoublement à 18 élèves de l'enseignement en VSP.
Il est clair que l'action du SNETAA a permis de faire un pas en avant, mais au détour d'une nouvelle dégradation de l'horaire élève en classe de seconde générée par la réduction d'une heure des modules.
DU GRAIN A MOUDRE POUR LES RECRUTEMENTS EXTERNES ET LES TITULARISATIONS
Nous avons aussi été entendus sur le volume de places au concours externe. Celui-ci a été accru de 20 %.
Nos revendications très fortes sur la précarité ont conduit le ministre à augmenter de 40 % les capacités de titularisation en 2001 pour les MA et contractuels.
Pour autant, en dépit de ce geste ministériel, la question de la précarité est préoccupante :
1) L'enseignement professionnel continue à recruter des contractuels. C'est ainsi que la réduction à 18 h de l'horaire des PLP de SES/SEGPA à la rentrée 2001 sera compensée par des crédits, c'est-à-dire des emplois équivalents temps plein et des heures supplémentaires. Il faudrait donc que l'on titularise par voie interne nettement plus que l'on ne recrute. Avec 2575 recrutements, le différentiel recrutement-titularisation, garantie de la résorption de la précarité, nous paraît faible.
2) Le niveau de recrutement atteint à l'externe comme à l'interne devra être au moins maintenu pendant toute la durée du protocole SAPIN, c'est-à-dire quatre années supplémentaires. Cette exigence va nourrir les exigences syndicales des prochaines années.
3) Les places offertes aux concours devront correspondre, à due proportion, à des recrutements réels de titulaires, ce qui suppose que soit mis fin au malthusianisme de certains jurys.
4) Pour accéder à l'examen professionnel, il faudra justifier de 9 ans de services publics, c'est près du triple de l'ancienneté initialement par le protocole SAPIN.
Chassez le malthusianisme, il revient au galop !
De plus, cette disposition n'aura pas suffi à éviter que l'examen professionnel ne soit transformée en concours.
Le Ministère a en effet dans un texte fortement combattu par le SNETAA, introduit sur l'examen professionnel un dispositif de liste d'aptitude qui permettra de refuser la moitié ou les deux tiers des candidats.
Pour 1020 places offertes de PLP, l'examen professionnel sera ouvert à 1344 non titulaires de LP en formation initiale justifiant des 9 ans requis et à plusieurs centaines exerçant en formation continue. Il sera donc sélectif à près de 50 %.
Ces mesures mettent en évidence, si besoin en est dans l'enseignement professionnel la facture que doivent acquitter les personnels de l'enseignement professionnel pour le scandaleux détournement de 4500 emplois afin de permettre notamment l'implantation encouragée de fait par le SNES de certifiés en LP.
5) Avec 1105 places le concours réservé ne connaît qu'une faible croissance de 60 places alors que dans le même temps le concours statutaire interne est réduit de 300 places.
Plus de 10000 postulants entreront cette année en compétition pour un volume d'à peine 1 500 titularisations !
Les conditions d'examen appellent d'autre part diverses remarques du SNETAA.
La dérogation de titre accordée à tous les non-titulaires qui justifient de cinq années de services publics constitue fort heureusement un plus appréciable. Elle permet en effet d'offrir sans autre condition, l'accès à une voie de titularisation pour chaque non-titulaire.
ENFIN, LE RETOUR DU CAP
La concertation sur le CAP devrait déboucher sur un projet de décret qui pourrait devenir opératoire à la rentrée 2002.
Il serait accompagné d'une rénovation de l'enseignement général, de la mise en œuvre de nouveaux référentiels et d'un nouveau schéma d'organisation sur un, deux ou trois ans.
L'argumentation du Ministre en faveur du texte reprend certaines propositions présentées par le SNETAA à Allègre et tout particulièrement notre exigence de développer le CAP comme diplôme professionnel interministériel de référence et comme outil de lutte contre le développement des certificats de compétences et de qualification de branche préconisés fortement par le MEDEF.
A la demande du SNETAA, le PPCP est introduit dans le CAP.
Nous contestons cependant plusieurs dispositions prévues pour la réforme du CAP :
- la référence à des CAP un ou deux ou trois ans. Celle-ci va à nouveau codifier un temps de parcours élèves incompatible avec la reconnaissance du temps de formation nécessaire aux élèves de l'AIS depuis leur entrée en 4è de SEGPA.
- la généralisation du contrôle en cours de formation et son extension à toutes les disciplines.
- la durée excessive des périodes en formation et leur place dans la formation (dix semaine pour le CAP 1 an, 14 semaines pour un CAP 2 ans, 20 semaines pour un CAP 3 ans) que nous souhaitons voir regroupées en fin de formation.
Nous formulons par ailleurs de fortes réserves sur le principe de mise en œuvre d'une forme de certification progressive par habilitation du recteur et à partir d'un projet pédagogique élaboré par l'établissement.
De plus, de véritables questions demeurent quant au découpage du CAP en unités capitalisables et à sa liaison avec la validation des acquis professionnels qui sera mise en œuvre par la loi de modernisation sociale.
L'ARLESIENNE DE L'ORIENTATION
Les travaux sur l'orientation des élèves sont au point mort et la situation demeure pour le moins contradictoire.
Reprenant le constat du SNETAA sur la répercussion sur les lycées professionnels à la rentrée 2000 de plus de deux tiers de la baisse démographique, c'est-à-dire une baisse de plus de 34000 élèves, M. Mélenchon invite les recteurs à tout faire pour que cette hémorragie ne se reproduise pas à la rentrée 2001.
Le ministre, destinataire, par l'intermédiaire du SNETAA, de plusieurs formulations de circulaires d'orientation 2000 pour le moins insidieuses, déclare que la présentation des formulaires d'orientation aux élèves de troisième est "idéologique et propagandiste".
Le Ministre constate que "l'orientation présente la seconde générale comme la voie naturelle et royale de débouchés et mentionne le BEP en queue de liste".
Il dénonce le collège unique comme une "hypocrisie" et reprend le constat du SNETAA de 20 000 triplements en seconde qu'il réduit à 16 000.
Il est clair que les propos du Ministre croisent ceux du SNETAA.
Pourtant, il est non moins clair que le renvoi aux calendes du débat sur l'orientation, les déclarations du directeur de Cabinet de M. Lang prévoyant une nouvelle baisse des effectifs au lycée professionnel à la rentrée 2001 et un gonflement de ceux du lycée, conjugués à une réforme annoncée du collège unique conduite dans le secret, ne permettent pas de faire la clarté sur les intentions réelles du Ministère.
Il faudra sans doute attendre la divulgation du rapport JOUTARD et du contenu des consultations effectuées auprès de Meirieu et de Dubet pour comprendre la réalité des propositions ministérielles.
On dit ainsi que le rapport JOUTARD constaterait que la classe de seconde serait moins le lieu de redoublement si les procédures d'orientation tendaient à moins hiérarchiser les vœux des élèves, la seconde générale étant systématiquement privilégié.
Le même rapport proposerait d'améliorer l'image des LP et plaiderait pour une vraie filière professionnellement vers le baccalauréat.
Le rapprochement, préconisé par le rapporteur, de la voie professionnelle et de la voie technologique paraît fortement préoccupante.
Le SNETAA a rencontré sur ce thème longuement et de façon fort intéressante le professeur Decombs chargé à la fois du développement de l'enseignement technologique et d'une réflexion sur l'agrégation professionnelle.
Le contenu de cette rencontre a permis de préciser la première réflexion du secrétariat pour la présentation du thème central de notre congrès.
SES-SEGPA : A QUELLE SAUCE ?
Mais le débat sur le collège illustre les difficultés de celui sur les SES-SEGPA, lequel se heurte à la revendication des 18 h mis en avant pour les instituteurs spécialisés par le SE et le SNUIPP dans la foulée des 18 h des PLP, faute d'avoir pu être en concurrence avec elle.
Des travaux importants ont été accomplis par le groupe de travail pour tenter de dresser un bilan objectif des SES/SEGPA.
Il est en effet nécessaire pour le moins :
- de mesurer la mise en œuvre des textes de 1996 et de 1998 sur la rénovation des enseignements généraux et professionnels adaptés
- de réfléchir à la professionnalisation du parcours des élèves et aux liaisons avec les lycées professionnels.
- d'apprécier les conditions de travail des personnels enseignants en SEGPA et en EREA tout en évaluant l'impact et les conséquences des améliorations apportées au statut des PLP : les 18 h, la mise en place du projet professionnel, le suivi des stages…
A l'évidence, les conclusions du groupe qui est arrivé au terme de son travail sont hypothéquées par les conflits du Ministère avec le SE et le SNUIPP mais également par la volonté de LANG de placer les SEGPA sous sa tutelle.
Dans une réponse à des collègues, LANG écrit en effet sous sa propre signature :
"comme vous le savez, le problème des élèves en grande difficulté au collège est au cœur des préoccupations qui sont les miennes au moment où je souhaite d'ici quelques semaines formuler quelques propositions nouvelles sur le fonctionnement et l'organisation de la formation des élèves de collège.
La place et le rôle des SEGPA sont confirmés. C'est d'ailleurs pourquoi j'ai tenu à mettre sur pied un groupe de travail qui sous l'autorité du Directeur des Enseignements scolaires devrait me faire des propositions et des suggestions. Bien évidemment, les questions afférentes au statut des personnels, à leur formation, à leurs conditions de travail ne seront pas absentes de cette réflexion."
Il reste qu'en dehors de ces débats, il nous faudra prolonger une réflexion sur les heures de synthèse et de coordination qui nous a conduit à écrire l'équation 23 h = 21 +2 et à transformer cette dernière en 18 = 16 + 2. Cette situation qui poserait pour la première fois dans le second degré le principe d'une obligation horaire hebdomadaire fonctionnelle devant élèves inférieure à 18 heures ne va à l'évidence pas aller de soi. Elle exigera un vrai combat syndical.
A condition de le vouloir ensemble. Et de refuser l'imposition probable de 4 heures d'heures supplémentaires hebdomadaires sous la forme de 2 h + 2 h, contraire aux statuts !
CONTRE LA LAICITE : L'APPRENTISSAGE SOUS DIRECTION PUBLIQUE, POUR SUBSTITUT LAIQUE DE L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL INTEGRE !!
Le ministre délégué à l'enseignement professionnel fort réservé sur l'enseignement intégré préconisé par Allègre parce qu'il porterait à son sens atteinte à la laïcité, a trouvé pour sa part un nouveau moyen d'afficher une baisse des besoins de l'enseignement professionnel : le transfert d'un certain volume d'élèves à un apprentissage promu public dans les lycées professionnels !
Ce dernier est d'ailleurs proposé comme une composante de plein exercice de son lycée des métiers.
Après quelques propos tenus au Sénat sur la revalorisation de l'apprentissage, le ministre a déclaré le 8 février dans un atelier de mécanique de LP "notre priorité c'est de revaloriser l'apprentissage et d'encourager l'orientation vers les lycées professionnels".
Cette déclaration est totalement à contre sens des résultats d'une enquête de l'AGEFOS organisme paritaire de formation des PME publiée en novembre. Celle-ci constate que l'alternance séduit peu les PME et qu'elles préfèrent les contrats à durée déterminée aux contrats d'apprentissage. Moins de 14 % d'entre elles se prononceraient en effet en faveur de ce type de formation !
CONTRE LA LAICITE : LES GIP, LE DETACHEMENT DE PERSONNELS DANS LES ENTREPRISES PRIVEES DE FORMATION, ET TOUJOURS L'APPRENTISSAGE PRIVE
Le décret sur les GIP n'est toujours pas paru en raison, semble-t-il, de l'hostilité forte de plusieurs organisations syndicales dont le SNETAA.
Mais le Ministère n'a pas tardé à prolonger son offensive de mise à mal de la laïcité.
Un texte sur le détachement d'enseignant dans les entreprises privées pour permettre la conception et la réalisation de logiciels et autres outils nécessaires à l'élaboration d'un marché de formations à distance ou par Internet a rencontré le refus ferme du SNETAA et de FO.
Il a cependant été adopté par le CTPM avec le soutien du SE et du SGEN, et la complaisance de la FSU.
Celle-ci s'est bornée par son abstention à dénoncer non pas le fonds de la question ainsi posée mais la forme, en l'occurrence simplement l'absence de garantie suffisante pour une saine gestion par les CAPA de cette nouvelle politique ministérielle.
La loi de modernisation sociale, prélude de la future loi de réforme de la formation professionnelle préconise, sous la signature de Mme Pery, une plus grande équité interne de financement de l'apprentissage avec la garantie d'une minimum de ressources pour chaque CFA de façon à assurer sa survie et sa pérennité !
VALIDATION DES ACQUIS : UN VRAI COMBAT POUR LA LAICITE, LE RESPECT DES DIPLOMES NATIONAUX ET LEUR CONTROLE PAR L'ETAT
La même loi de modernisation met en place un dispositif de validation des acquis, contre-feu du schéma des certificats de compétences préconisés par le MEDEF mais qui suscite de nombreuses inquiétudes sur le maintien des diplômes nationaux, sur l'intégration au sein de la validation des acquis des certificats de compétences, des certificats de qualification professionnelle de branches et des diplômes régionaux.
De fortes offensives se dessinent pour développer un marché privé et financier de la validation des acquis, pour remettre en cause la composition des jurys et la prééminence en leur sein des représentants des enseignants et de l'Etat.
La représentation des enseignants au COREF est menacé par la transformation de ces structures.
Le SNETAA plaide pour le rattachement des centres de validation des acquis professionnels et des formations préparatoires aux lycées professionnels Il propose l'intégration volontaire des contraintes de travail correspondantes dans le service à 18 h des personnels.
PERSONNELS DE DIRECTION : LE MINISTERE CHOISIT UNE CONCEPTION PATRONALE DES DIRECTIONS D'ETABLISSEMENT
Il faut ajouter à nos inquiétudes la dérive recherchée par l'Etat des missions des personnels de direction, avec la complaisance du SNPDEN et sous couvert d'un protocole d'accord conclu avec une organisation majoritaire, sans d'ailleurs que les autres organisations minoritaires n'aient été consultées. Ce protocole vise à faire des personnels de direction des serviteurs des orientations du ministre en exercice plutôt que des fonctionnaires de responsabilité au service de l'état et de la Nation.
Dans une déclaration rendue publique le SNETAA, FO , la FAEN, l'Amicale des Proviseurs, ont tenu à exprimer leur attachement à une conception républicaine du chef d'établissement ayant les moyens matériels et statutaires d'exercer ses responsabilités dans le cadre d'une école retrouvant toute son autorité.
Les quatre organisations ont dénoncé notamment le principe de la lettre de mission délivrée à chaque personnel de direction, l'ouverture d'un recrutement hors des corps enseignants aux autres administrations publiques, l'insuffisance de la situation matérielle faite aux personnels concernés tout particulièrement aux adjoints.
Le protocole par ailleurs prétend se substituer à la loi pour modifier le fonctionnement des conseils d'établissement et attribuer aux personnels de direction des compétences pédagogiques aux fins de contrôle et d'évaluation des enseignants.
HORS-CLASSE : LE RETOUR EN FORCE DE L'ELITISME
Le volume des promotions à la hors-classe au 1er septembre 2001 est en chute libre.
Désormais, en effet la hors-classe est en régime de croisière et le quota de promotions est strictement égal chaque année au seul total des postes libérés.
Cette situation largement prévisible tranche avec celle créée pendant trois années par
- d'une part la récupération massive des retards d'affectation sur les emplois de hors classe créés ou vacants,
- d'autre part par la levée du blocage du nombre total de sièges de hors-classe et la montée en charge au taux prévu de 15 %.
Accroître le nombre de promotions à la hors-classe nécessite d'augmenter le nombre de sièges de hors-classe libéré.
Ce choix supposerait de bonifier fortement les années dans le 11è échelon à défaut de pouvoir réglementairement créer une certaine bonification à l'âge.
Cette proposition faite par le SNETAA qui permettrait sans doute de faire de la hors-classe une perspective de carrière pour le plus grand nombre et peut-être pour tous, est repoussée par l'administration.
Celle-ci tient en effet :
- à maintenir pour la hors-classe une logique de promotions au mérite susceptible de créer une émulation des personnels et, par effet de retour, une compétition entre eux.
- à ne pas gonfler dans le budget un coût des pensions déjà fortement dénoncé comme excessif.
L'Administration pourtant serait sans doute gagnante. L'accès au 7è échelon de la hors-classe ne constitue-t-il pas une incitation puissante à poursuivre volontairement sa carrière après l'anniversaire de ses 60 ans ?
Au-delà de nos revendications d'un élargissement du taux de la hors-classe puis de l'intégration de cette dernière par reconstitution de la grille indiciaire, les discussions de notre congrès devront éclairer les choix transitoires à conduire.
IUFM : UNE REFORME NECESSAIRE
La réforme des IUFM rendue publique le 17 février par J. LANG devrait dans les prochains mois faire évoluer la formation et le fonctionnement des centres, professionnaliser les concours de recrutement, améliorer l'accompagnement des néo-titulaires et redéfinir la formation continue.
Les propositions et les réflexions du SNETAA semblent avoir été prises en compte autour des points suivants :
- la mise en place d'une véritable carte des formations permettant un regroupement des candidats et une amélioration de la qualité et de la spécificité de la formation.
- une plus grande professionnalisation des enseignants,
- la prise en compte d'un recrutement et d'une formation spécifique des PLP.
Il s'agit notamment pour les disciplines professionnelles d'offrir après le DUT et le BTS des licences adaptées pouvant tenir compte du précédent des licences professionnelles, dispositif qui se complètera par une système de validation d'acquis de l'expérience.
Dans les sections où n'existent pas de licences professionnelles, les recrutements avec un BTS et un DUT et cinq années d'activités professionnelles et sous certaines conditions avec un baccalauréat professionnel et 7 ans de pratique ou avec un CAP ou BEP et 8 ans de pratique seraient maintenus.
Des modalités permettant l'adaptation ou la mise à niveau des candidats potentiels seront mises en place pour un nombre limité de spécialités professionnelles où n'existe pas de diplôme du niveau baccalauréat et présentant des difficultés de recrutement.
La préparation à la bivalence des PLP d'enseignement général sera mieux assurée notamment par un renforcement dans la discipline dont ils ne sont pas spécialistes. La préparation des disciplines professionnelles donnera une plus grande part aux composantes pratiques.
Des PLP enfin pourront être recrutés comme formateurs IUFM à temps plein.
- La proposition de recrutement des formateurs issus du monde de l'entreprise nous paraît assez contestable.
Diverses mesures viennent compléter ces orientations :
- un accompagnement des néo-titulaires avec la mise en place de 3 semaines de formation la première année et de 2 semaines la seconde année.
- la création d'un Comité de Suivi des Concours
- la mise en place d'un système national de formation des formateurs IUFM
- le développement de la recherche pédagogique,
- un recentrage que nous contestons fortement de la formation continue sur les seuls besoins de l'employeur.
PPCP : UNE RICHESSE A CONSTRUIRE
Au registre des difficultés quotidiennes, il convient enfin sans s'y attarder à l'excès, de mentionner notre volonté d'assurer une mise en œuvre de qualité pour les PPCP auxquels certaines organisations dont la CGT, reprochent d'être professionnels.
Comme s'il n'y avait pas avec leur appui et leur concours des projets professionnels en BTS ?.
La CGT, je cite, appelle "à la résistance active face aux PPCP à partir du constat qu'il s'agit d'optimiser le rendement du système éducatif sans augmenter les charges salariales et surtout limiter à la portion congrue la création de postes".
Comprenne qui pourra !
Pour le SNETAA, l'enseignement général par sa démarche pluridisciplinaire peut être un facteur de réussite et de motivation.
La participation de l'enseignement général au PPCP est une nécessité non seulement pour assurer sa valorisation et pour donner du sens aux enseignements généraux mais également pour apporter des outils propres à la démarche du projet.
CHEFS DE TRAVAUX
De la négociation à une conclusion qui se fait attendre
Après une première phase mettant en évidence l'intention du Ministère de mettre en selle le SNPDEN au détriment de la représentativité du SNETAA, notre organisation a pris pied fermement dans le débat.
Nous avons présenté des propositions avec la volonté de défendre la spécificité des PLP chef de travaux et d'éviter un effet de noria sur les catégories des agrégés et des chefs de travaux lycées qui aurait été lourdement préjudiciable à la crédibilité du dossier.
Nous avons obtenu des débuts de réponse sur l'augmentation de 10 points de la NBI et l'accès de tous à la hors-classe dans un contingent spécifique de promotion.
Pour autant, rien n'est définitivement réglé et la réponse à notre demande d'une amélioration générale et indiciaire de carrière par relèvement du seuil de carrière à l'indice 819, celui des agrégés de classe normale, est renvoyée à un débat d'experts qui de toute évidence se prolonge.
LES PERSONNELS D'EDUCATION OUBLIES DU MINISTERE
Trois ans d'ignorance ministérielle des revendications réelles des CPE et CE, tel est le bilan de l'intérêt témoigné par le ministre pour leurs revendications.
Les personnels d'éducation pourtant font l'objet d'attentions particulières des syndicats de personnels de direction et les spécialistes du management de l'Education Nationale.
La définition de la fonction du statut du CPE, sans équivalent en Europe, les expose en effet aux multiples réflexions et stratégies destinées à faire de ce dernier un adjoint du chef d'établissement, dirigé, jugé et encadré par ce dernier sous couvert de la délivrance d'une lettre de mission.
Cette logique, inscrite au rapport Blanchet vient de prendre de l'amplitude sous couvert du protocole d'accord conclu entre le SNPDEN et le Ministre.
Il est clair que l'avenir de la fonction est largement menacé et que la perspective d'un débouché de carrière des CPE vers les personnels de direction peut dans les prochains mois progresser dans les réflexions des personnels voire dans leurs exigences syndicales.
Il est nécessaire par ailleurs d'aborder deux dossiers typiquement de responsabilité fédérale : les salaires et les retraites.
RETRAITE : LA GRANDE MENACE
En matière de retraite, le SNETAA reste sur la logique des pensions de la fonction publique.
Les galimatias, sans aucune précaution de mandats, sur "la solidarité des régimes" proclamés par la FSU ne rencontrent pas à priori notre accord. Ils font courir en effet aux pensions de fonctionnaires budgétées par l'Etat sans aucune référence à un système de caisse de répartition, le risque d'un recul imposé au privé en 1993 par Balladur et celui d'un nivellement par le bas.
De surcroît, de telles thèses exposent les pensions de fonctionnaires à des argumentaires spécieux sur l'équilibre entre cotisants et retraités, ou sur le partage de la croissance.
De lourdes ambiguïtés par ailleurs ont conduit à mélanger régime de retraite complémentaire des non-titulaires assuré par l'Etat et retraites complémentaires conventionnelles du secteur privé.
La direction du Budget cible une campagne contre les retraites de la fonction publique en argumentant autour d'une croissance vertigineuse des coûts : 172 milliards en 1998, 190 en 2001, 270 selon eux en 2020, 600 milliards en 2040.
Pour J. P. Fitousse, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques, la question des retraites relève de "l'intoxication intellectuelle".
Elle ne devrait en effet se poser qu'à partir de 2010 et devrait être pondérée par la croissance du Produit Intérieur Brut qui devrait être, selon cet expert, multiplié par 3 d'ici 2040 avec un niveau de vie multiplié par 2,5.
Une journée interprofessionnelle sur les retraites a été organisée par les syndicats le 25 janvier.
Elle concernait les fonctionnaires dès lors que le gouvernement a proposé le 21 mars 2000 de garantir les retraites des fonctionnaires sous réserve de la conclusion d'un pacte qui comporterait d'une part l'alignement progressif de la durée de cotisation sur celle des salariés du secteur privé, d'autre part des mesures d'amélioration du régime notamment en ce qui concerne la prise en compte des tâches les plus pénibles ou l'intégration d'une partie des primes dans le calcul des pensions.
Aux dernières nouvelles, les menaces se précisent. Le Cabinet du Premier Ministre a en effet décidé d'introduire par amendement au cours de la discussion parlementaire du projet de loi de modernisation sociale certaines dispositions qui intéressent le domaine de l'Education.
Il s'agit notamment de modifier le régime des droits à pension des personnels enseignants du second degré d'éducation et d'orientation les dispositions de l'article 35 de la loi 90-587 du 4 juillet 50.
En termes plus clairs, sous prétexte que les départs de fonctionnaires en cours d'année scolaire sont préjudiciables à la continuité des enseignements, il s'agit d'imposer aux collègues qui remplissent au cours d'année scolaire, les conditions pour obtenir la jouissance immédiate de leur pension un maintien en activité jusqu'à la fin scolaire sauf s'ils sont atteints par la limite d'âge.
Les femmes fonctionnaires mères de trois enfants ou d'un enfant invalide, infirme ou atteint d'une maladie incurable et les personnels en congé de fin d'activité ne seraient pas affectées par ces dispositions.
Un tel dispositif appliqué en 1999/2000 aurait concerné environ 1/3 des retraitables du second degré soit environ 280 PLP.
LE COMBAT POUR L'INDEXATION ET L'AMELIORATION DES SALAIRES DOIT ETRE PROLONGE PAR L'AMELIORATION DES GRILLES INDICIAIRES
Les positions du SNETAA sur les salaires sont sans ambiguïté et bien connues.
Nous sommes pour une position de grande fermeté, ce qui suppose la mise en œuvre d'actions parfaitement identifiables, ciblées, et nationales.
Des journées d'action d'inspiration fédérale se sont tenues les 18 et le 20 janvier sur les salaires.
Il est clair que l'unité syndicale inédite sur les salaires de la journée du 30 janvier a conduit incontestablement à son succès.
Le dossier de négociation est bloqué et les fédérations appellent à une nouvelle journée nationale intersyndicale le 22 mars qui concerne très directement notre organisation et ses syndiqués.
Pour autant, il faut en période de faible inflation, sans doute durable compte tenu des mécanismes européens de régulation économique et monétaire, prendre conscience du fait que l'essentiel de l'augmentation du pouvoir d'achat se situe désormais dans l'amélioration des carrières et dans la reconstruction des grilles indiciaires. Comment mobiliser pour 0,5 % quant il faudra 6 à 8 mois d'augmentation pour amortir le coût d'une journée de grève ?
Ajoutons enfin que les deux dossiers des retraites et des salaires croisent ceux de la réforme de l'Etat, du départ à la retraite de la moitié des fonctionnaires d'ici quinze ans et les engagements pris par le gouvernement à Bruxelles dans le cadre de la mise en place de l'Euro pour limiter la croissance publique à 1 % par an, alors que le 35 h de la fonction publique ne sont pas encore mises en œuvre et que le gouvernement a dû ouvrir au budget 2001, 10 000 postes supplémentaires de fonctionnaires.
LES ACQUIS POUR LA FEDERATION , LES CONTRAINTES POUR LES SYNDICATS ?
Profitant de la cascade d'évènements 18 janvier, 22 janvier, 25 janvier, 30 janvier, quelques collègues nous font procès de ne pas donner un écho suffisant aux initiatives fédérales et opposent grève fédérale et action syndicale.
En d'autres termes, nous ne roulerions pas suffisamment FSU.
Ils nous invitent en conséquence lorsqu'il y a grève fédérale soit à ranger au placard nos revendications de secteur, soit à les mettre en remorque et sous l'éteignoir de la plate-forme fédérale.
Ces collègues dressent un réquisitoire contre l'action du 22 sur le thème d'une action "improvisée", d'une information insuffisante ou d'un temps de décantation trop court alors que certains d'entre eux ont participé au bureau national de septembre.
Comme si la réponse résidait dans un appel à la grève fédérale 4 jours encore plus tôt dans un espace de temps encore plus restreint !
Encore eut-il fallu en outre qu'il y ait eu ce jour là autre chose qu'un désordre fédéral organisé par un appel invitant les personnels localement "à déterminer les formes de leur engagement, en décidant la grève, en participant aux assemblées unitaires dans les localités et les académies".
Unitaires… le mot est lancé.
Selon eux, "les adhérents voudraient des actions unitaires avec les autres syndicats de la FSU même si pour cela il faut manifester avec des mots d'ordre différents."
En d'autres termes, s'agissant de la FSU, peu importe les raisons de la grève et la plate-forme revendicative même si elles débouchent sur un véritable capharnaüm de revendications , pourvu qu'on apporte notre force syndicale aux mots d'ordre fédéraux;
C'est le principe du syndicalisme de l'amalgame revendicatif et de la rue, en opposition au syndicalisme qui se fixe, avec l'objectif de les atteindre, des revendications et des objectifs.
Peu importe le vin pourvu qu'on ait l'ivresse !
Ce n'est à l'évidence pas le choix du SNETAA.
D'autant plus qu'il y a déjà plusieurs années que nous ne recevons de la FSU ou des syndicats associés à sa majorité aucun message public de soutien, ni aucun texte de solidarité de nature à renforcer l'impact de nos revendications ou le crédit de nos valeurs !!
Observons enfin qu'il y a de toute évidence contradiction intellectuelle entre : la proclamation urbi et orbi d'un effet U qui permettrait aux syndicats de gagner les élections et dont ils seraient redevables à la fédération et un cheminement fédéral qui ne retrouverait le sens et l'existence des syndicats qu'en cas de grève.
Mais il est vrai que le plus souvent c'est pour les rendre responsables au mieux de l'échec des actions fédérales sans jamais les créditer de leur succès.
Il y a quelque part des apparences de marché de dupes dans le contrat fédéral qui nous est proposé.
La FSU à la recherche d'un débordement de notre conseil national par notre congrès.
En réalité, le débat introduit sur les grèves fédérales a un tout autre objectif : celui de contraindre le congrès du SNETAA à un débat pour déboucher sur un débordement des décisions arrêtées le 27 janvier par le Conseil National compétent et réuni à cet effet, en réponse à l'ultimatum fédéral.
Après examen du texte du congrès fédéral, le Conseil national a en effet décidé :
- la réaffiliation à la FSU pour 1 an,
- la reconduction du dispositif de paiement partiel de nos cotisations dès lors qu'aucune négociation n'est ouverte et que le FSU persiste à traiter par le silence et l'ignorance les questions qui font contentieux avec le SNETAA et qui s'accumulent en s'amplifant depuis trois ans.
Le Conseil National a par ailleurs pris acte que les modes de gestion du congrès fédéral par la FSU, avec l'exclusion de fait du SNETAA des congrès départementaux, l'annulation de nos votes et l'amputation de nos mandats en dépit du versement en cours des trois dernières années de 1,5 million de francs, mettaient un terme à la revendication fédérale d'un quelconque paiement de soldes au titre des exercices antérieurs au dernier congrès fédéral.
Le Secrétariat National du SNETAA a également fait observer au Conseil National que la volte-face fédérale pour nous inviter au congrès national trois jours avant son ouverture mais sans aucune garantie de droit de vote, n'était sans doute pas étrangère à l'assignation en justice que nous lui avions adressée quelques jours auparavant, en raison des anomalies statutaires accumulées pour la mise en place, la convocation et le déroulement préparatoire du congrès fédéral.
Pour tenter de vider notre assignation de son contenu, nous avons ainsi assisté à trois ou quatre choix étonnants :
- les délégués SNETAA proposés par les sections en dehors de tout mandat de notre syndicat et le secrétaire départemental FSU de la Réunion, D. Bourse, officiellement en exercice et membre d'aucun syndicat, sauf peut être du SNEEP, ont été privés de mandats. Mais le congrès n'est pas allé pour autant jusqu'à les priver de toute invitation. Il est vrai que les finances fédérales savent en cas de nécessité être généreuses.
- la présence du SNEEP, membre à part entière en toute illégalité de la FSU Réunion, en remplacement du SNETAA exclu de fait, a été rejetée.
On ne sera donc pas particulièrement étonné que prenant appui sur les grèves le petit groupe de collègues mentionnés, ignore délibérément la décision de notre syndicat et annoncent un cataclysme et la débâcle syndicale en cas d'insoumission diligente à la FSU.
On trouve dans les rangs de ce petit groupe des ressortissants des tendances de la majorité fédérale… c'est logique.
On y croise les camarades minoritaires du SNETAA . Mais que deviendraient-ils dans leur opposition à la majorité sans un alignement sur la FSU ? Que pourraient-ils dire sans le registre dialectique de la majorité fédérale ?
Mais on s'y rencontre aussi des inconditionnels de la FEN d'hier qui présentaient la scission fédérale de 1993 comme la fin du monde syndical.
Ceux-là plaident pour un syndicalisme de "siège" qui serait à nouveau menacé aujourd'hui par une rupture fédérale.
Ils oublient sans doute que le crédit d'un syndicat est obtenu moins par le nombre de sièges qu'il occupe que par la reconnaissance par les pouvoirs publics de son audience auprès des personnels et de sa représentativité.
Le syndicalisme de siège en effet est plutôt l'apanage de minorités désireuses de se hausser du col en l'absence de représentativité réelle.
Ceux-là reconduisent aujourd'hui les discours qu'ils tenaient en 1992-1993.
Ils se sont bornés à changer d'idoles ou de maîtres
Le résultat de cette bulle médiatique en mouvement vers notre congrès ne s'est pas fait attendre.
Le SNETAA a reçu, il y a trois ou quatre jours, une lettre du nouveau secrétaire général de la FSU dont le premier objet est de rappeler les mises en demeure fédérales énumérées par le congrès fédéral.
Il s'agit chemin faisant de nous faire savoir également que la réponse faite par le Conseil National du SNETAA à La Rochelle, du 27 janvier, n'a pas l'heur de plaire à nos dirigeants fédéraux et nous sommes fortement priés de demander à notre congrès, dont ce n'est pas la mission statutaire, de revoir nos conditions d'affiliation.
Il s'agit enfin de nous signifier que nous ne pourrons désormais accéder aux instances fédérales qu'après être passé à la Caisse des exigences unilatérales de la fédération.
Ce courrier a au moins le mérite de la clarté.
Il y a dans le même temps aucune réponse aux propositions que nous avons faites à la fédération lors d'une rencontre récente tenue lundi 5 février :
- création d'un comité paritaire FSU-SNETAA de négociation avec élaboration d'une plate-forme portant règlement du contentieux
- adoption du texte séparément par les instances statutaires du SNETAA et de la FSU.
- Ratification, s'il y a lieu, par les adhérents du SNETAA et par ceux des autres syndicats de la FSU.
Nous avons par ailleurs précisé que si le contrat fédéral appelait des obligations des syndicats à l'égard de la fédération, il devait préciser en retour dans une charte d'engagement décrivant la nature et l'étendue des obligations fédérales en soutien à ses syndicats.
C'est le principe de réciprocité d'un contrat sans lequel ce dernier est qualifié de léonin.
La réponse de la fédération n'a guère laissé de place à un possible discussion.
1) Il n'y a pas de contentieux si ce n'est dans les obligations du SNETAA à l'égard de la fédération et aucun manquement fédéral.
2) Le SNETAA est prié de se plier aux exigences fédérales statutaires ou unilatérales et de rentrer, aux conditions de la fédération, dans les rangs fédéraux.
Cette situation n'est pas sans rappeler les menaces et les chantages que la fédération avait fait planer en 1998 sur le précédent congrès du SNETAA.
8 ANS POUR PARCOURIR 50 ANS DE CHEMINEMENT FEN
Il est clair qu'aujourd'hui la majorité de la fédération est tentée par une démarche d'exclusion globale de notre organisation qui lui permettrait de récupérer le champ de syndicalisation des PLP pour y exprimer en toute liberté les thèses idéologiques de sa majorité.
Ce choix de l'exclusion réelle ou de fait, dans la perspective des prochaines élections professionnelles relativise à l'évidence les diatribes de sa majorité à propos des exclusions du SNETAA.
Il retire toute signification et tout crédit aux protestations auxquelles en toute générosité nous nous étions associés en 1992 contre l'exclusion du SNES par la FEN.
"Un ami dit-on parfois est une traite dont on a oublié le chiffre et dont on ne sait pas l'échéance".
Sur ce parcours, la FSU fait au mieux la démonstration qu'elle a réussi la performance d'atteindre en 8 ans le terme d'un chemin que notre précédente et commune fédération, la FEN, avait mis cinquante à parcourir.
DU DROIT DE REPONSE A LA FEDERATION
Nous ne souhaitons pourtant pas faire place dans ce complément au rapport d'activité à une longue diatribe fédérale.
La motion du Conseil National du 27 janvier se suffit à elle-même : le SNETAA est membre de la fédération, le débat sur sa sortie n'est pas ouvert.
Pour autant, la lourde insistance de la fédération sur les couloirs de notre congrès nous laisse à penser que nous la vexerions sans doute si nous ne lui offrions quelques éléments de réponse de nature à alimenter ceux de ses instances.
La lettre du secrétaire général de la FSU, écrite pour des besoins évidents de diffusion interne à la fédération fait état d'une demande d'invitation de la fédération à notre congrès qu'en dépit de notre benoîte vigilance nous n'avons pas reçue.
Ses auteurs pensaient sans doute qu'une telle demande avait peu de chance d'aboutir tant il est vrai qu'une telle invitation n'aurait eu de sens que si elle permettait de tracer le chemin du dialogue avec une perspective commune et solidaire, à responsabilité partagée, de construire ce que la FSU appelle "la sortie de crise".
Force est de constater que pour discuter, il faut être deux et qu'une invitation à se rendre à Canossa n'est pas franchement synonyme de négociation, ni porteuse de convivialité.
Ce n'est pas le seul avis du SNETAA, mais aussi celui de bien des observateurs et d'une large partie de la presse.
Le SNETAA a d'ailleurs accordé dans ce cadre une attention particulière à une interview récente de M. Deschamps, premier secrétaire général de la Fédération, incité au départ, par le SNES et les ultras de la fédération.
Répondant à la question : "Le congrès de la FSU est marqué aussi par la crise avec le SNETAA", Michel Deschamps déclare :
"Il n'est pas dans mon rôle d'entrer dans les conflits internes de la FSU, d'autant que c'est un problème que je n'ai pas su régler quand j'étais secrétaire général. Je compte sur la nouvelle équipe pour trouver des solutions. Peut-on avoir une vision de l'éducation sans les lycées professionnels ? Une fédération n'est pas un équilibre entre des pouvoirs, mais un projet. La FSU ne peut pas se construire sans les LP. De même, l'absence du SNETAA du CSE provoque un appauvrissement de la réflexion. Or, le SNETAA est le représentant choisi démocratiquement par les personnels des lycées professionnels. En ce qui concerne la non-représentation des lycées professionnels, le ministre serait bien inspiré de trouver une solution."
A-t-on entendu dans la fédération ou de sa part, par exemple à propos de l'éjection du SNETAA du CSE, le moindre propos qui puisse ressembler à ceux tenus par M. Deschamps ?
A-t-on vu sur cette question du CSE et en dépit de nos demandes une seule action publique d'une réelle fermeté, hormis un simple courrier pour se dédouaner ?
A-t-on vu une seule protestation d'une instance fédérale du CDFN ou du congrès ?
Est-ce à dire que la déconvenue du SNETAA satisferait la fédération ou ménagerait certains intérêts en son sein ?
Notre fédération pratique avec un certain succès l'art de la non réponse et de la fuite en avant dans la falsification de la réalité et des actes.
Sait-on seulement que les modifications statutaires soumises par le SNETAA au congrès de la fédération de La Rochelle ont déjà fait l'objet d'un dépôt en 1998, à la demande de Michel Deschamps et d'un refus par une prétendue commission du bureau fédéral un par un de la vingtaine d'articles proposés?
Sait-on que la diffusion du Pour n'est pas une obligation statutaire et qu'elle résulte de la non-application par la FSU de plusieurs accords succédant à des crises et dont le dernier portait sur l'approbation par les syndicats , préalablement à la diffusion des articles qui concernent leur secteur professionnel, le respect de leurs mandats et la non ingérence dans leur vie interne.
Sait-on que s'il est fait obligation à la fédération d'attribuer les sièges qui reviennent aux syndicats, les statuts ne font pas obligation à ces derniers de les occuper, a fortiori lorsqu'ils tentent vainement pendant des mois et des années d'essayer de faire évoluer les points de vue d'une majorité qui enferme la démocratie dans le pluralisme mais dont la linéarité, y compris dans l'erreur, confine à l'autisme.
La fédération pose au SNETAA une excellente question.
Le SNETAA est-il prêt à respecter les statuts de la fédération mais ne croit-elle pas que "tel est pris qui croyait prendre" ?
* La fédération a-t-elle respecté ses statuts en modifiant directement à son congrès le contenu, (pardonnez-nous du peu !) de 14 articles de ses statuts, sans aucun respect pour les obligations de son article 26 !
Celui-ci stipule en effet, et chacun peut s'y reporter, que "les propositions de statut doivent être portées à la connaissance des syndicats, des sections départementales, et des adhérents trois mois avant la date du congrès.
* La fédération a-t-elle respecté ses statuts en conférant, quelques jours avant son congrès, au SNU-ANPE, syndicat des personnels de l'Agence pour l'Emploi, la qualité de membre associé de la FSU, position que l'article 7 des statuts réserve explicitement, je cite, (et on pourra encore une fois s'y reporter), "aux syndicats nationaux regroupant des personnels de l'Enseignement, de l'Education, de la Recherche et de la Culture ?"
Est-ce pour effacer discrètement ses manquements statutaires que la fédération a fait, en toute illégalité statutaire, modifier le-dit article pour l'étendre aux syndicats "de la formation et de l'insertion "?
La fédération a-t-elle respecté ses statuts en adressant à ses sections départementales une circulaire préparatoire au congrès pour les appeler à inviter à leur congrès des adhérents du SNETAA choisis par elles, alors que l'article 13 stipule précisément, -je cite- "que le congrès départemental est composé pour moitié de délégués des syndicats nationaux" ?
La fédération a-t-elle respecté ses statuts en recommandant de ne donner au SNETAA aucun délégué statutaire dans les congrès départementaux en contre-partie des 1,50 million versé depuis 1997 et en violation de l'article 22 (et une fois encore chacun peut s'y reporter) "chaque syndicat dispose d'un nombre de mandats égal au nombre moyen d'adhérents pour lesquels il a acquitté la cotisation fédérale nationale dans l'intervalle des congrès" ?
La fédération a-t-elle respecté l'article 22 de ses statuts en ne donnant aucun mandat au SNETAA pour le congrès national ?
A-t-elle respecté ses statuts en notifiant au SNETAA, trois jours ouvrables seulement avant le congrès, plusieurs mois après les autres syndicats et sous la menace d'une assignation de justice, le nombre de ses délégués ?
La fédération, en charge de la défense du droit syndical de ses mandants, ignorait-elle qu'un tel délai rendait caduque toute possibilité d'exercice administratif des droits syndicaux ?
A moins qu'il ne s'agisse de faire en sorte que le SNETAA ne puisse siéger pour mieux s'en offusquer ?
Au nom de quelle disposition statutaire Didier Bourse, membre d'aucun syndicat peut-il encore, le 1er mars, signer un courrier au nom de la section départementale de la FSU et en tant que -je cite- "Secrétaire Départemental de la FSU Réunion" ?
Au nom de quelles dispositions des statuts fédéraux et avec quelles complaisances financières juridiques, administratives, les sections départementales peuvent être de leur propre gré et sans aucune consultation des syndicats, s'installer comme syndicat départemental juridiquement indépendant à partir de règles qui leur sont propres ?
Au nom de quelles dispositions des statuts peuvent-elles prétendre ensuite et encore à l'appellation de sections départementales de la FSU ?
On pourrait décliner longuement, et nous n'avons fait pour partie dans un article publié sous le titre "combien ça coûte ", l'énumération des manquements statutaires fédéraux et auquel il conviendrait depuis de rajouter plusieurs chapitres..
Poser au SNETAA des questions sur de très hypothétiques manquements statutaires relève à l'évidence de la stratégie de la divergence ou de celle du fumigène.
Cela ne peut abuser personne.
La FSU reproche au syndicat de ne pas avoir consulté ses adhérents sur un choix de non-participation au congrès fédéral qui en réalité lui a été imposé par la fédération en regard de son refus de répondre aux quatre conditions posées par notre Bureau National du 29/11/2000
1) Le SNETAA n’ira au congrès fédéral que dans le cadre de la pleine et entière reconnaissance de 100% de ses mandats fédéraux.
2) Elaboration avant le prochain CDFN d’un document décrivant les engagements de la FSU vis à vis des syndicats qui s’affilient.
3) Conseil Supérieur de l'Education : le SNETAA ne participera au congrès de la FSU que s’il a obtenu, par l’action de la fédération, le rétablissement du siège détenu de plein droit au CSE, supprimé dans des conditions contestables et obscures, et auquel il a droit en fonction de son rôle de porte parole de la FSU et en tant que 1er syndicat dans son secteur.
4) Mandat est donné au secrétariat national pour réunir en tant que de besoin un Conseil National du SNETAA au cours de la semaine du 22 au 26 janvier 2001 à La Rochelle
Mais c'est un peu l'hôpital qui se moque de la charité !
Outre qu'il s'agit là d'une ingérence dans nos affaires statutaires internes, en combien d'occasions la fédération a-elle consulté ses mandants ?
A combien de reprises, les a-t-elle consultés pour nourrir une scission dans les rangs du SNETAA fort heureusement aujourd'hui quasi inopérante ?
Les a-t-elle consultés pour voter au CTPM, au nom de l'intérêt collectif, contre les 18 h des PLP ?
Les a-t-elle consultés pour mettre en œuvre une stratégie de l'ingérence, de déstabilisation, de surenchère et de recherche d'une exclusion du SNETAA?
Les a-t-elle consultés pour orchestrer et nourrir une scission du SNETAA ?
Les a-t-elle consultés pour tenter de réduire le score électoral aux élections professionnelles et à son détriment.
Combien de syndicats de sa majorité ont consulté leurs instances statutaires pour décider de reconduire une affiliation fédérale qu'ils imposent sans scrupules à leurs adhérents sans aucun débat et sans aucun bilan ?
A la vérité, dans quel camp se situe la démocratie syndicale ?
Trop c'est trop.
Le SNETAA a décidé de renouveler son adhésion.
On ne peut faire ni mieux ni plus.
Notre décision n'était pas sans condition, sans symbole et sans choix des valeurs de 1993. La balle est désormais dans le camp de la FSU.
Exclure le SNETAA de ses rangs est de sa responsabilité.
Tenter l'aventure de se mettre idéologiquement dans ses meubles dans le champ de l'enseignement professionnel est de sa responsabilité.
Eliminer son opposition pour effacer ses dérives et faciliter sa recomposition sur des bases idéologiques est là aussi de sa responsabilité.
Mais se rappelle-t-on bien au sein du SNETAA que la consultation de l'ensemble des adhérents de 1993 a conduit à exclure explicitement toute affiliation confédérale, et à arrêter le choix de notre participation à la construction d'une nouvelle fédération de l'enseignement ?
Là s'arrête notre mandat collectif.
Sait-on bien que sur le chemin de la recomposition syndicale, celui d'une confédération à base idéologique, il nous faudra (et cela ne dépend pas de nous), une nouvelle consultation au fond sur le mandat donné aux instances ?
Faudra-t-il pour cela prendre le risque de casser notre syndicat ?
Construire par et pour les jeunes leurs revendications syndicales ?
Trop , c'est trop, d'autres urgences attendent et nous avons bien d'autres choses à faire pour les syndiqués.
Bien des choses à faire en premier pour les jeunes PLP2 élus du concours depuis 1989 (ou aux PLP2 recrutés avant 1989) et qui n'ont, contrairement aux PLP1, vu se concrétiser depuis leur entrée dans le métier, aucune amélioration réelle et substantielle de leur carrière.
Pour ces collègues, l'unification du corps est une situation acquise.
Nous tournons donc, à ce 32è congrès, la page du défi d'une génération.
Une autre prend et prendra la relève, nous devons construire ensemble avec elle et pour elle de nouveaux défis et une nouvelle cohérence revendicative, et développer un outil syndical que nous nous sommes transmis en le confortant de génération en génération.
Nous devons avec les jeunes collègues ouvrir un nouveau chapitre de notre histoire syndicale.
Telle est l'ambition que nous vous proposons d'entamer autour du thème central du rapport d'activité national.
Il faut à la fois définir nos ambitions corporatives et les nouveaux contours que nous ambitionnons pour les futures structures de l'enseignement professionnel public et laïque.
Nous savons que l'un va avec l'autre, que nous n'aurons pas obtenu les PLP2 sans le baccalauréat professionnel, les 18 h sans la charte de l'enseignement professionnel au XXI° siècle.
Nous savons aussi que dans un pays où l'élitisme républicain reste de règle, il n'y a pas d'amélioration de carrière possible, sans projection vers le haut de l'intervention pédagogique, sans l'ambition de qualité.
C'était le rôle joué par le baccalauréat professionnel et la création du lycée.
Ce pourrait être demain le rôle que nous pourrions assigner à la création d'un niveau III en lycée professionnel.
Nous savons enfin que le corps unique du second degré, par la massification qu'il crée sous couvert d'égalité et de solidarité, est le cimetière des acquis et la négation des revendications.
Comment pourrait-on par exemple, réduire, ne serait-ce que d'une heure, le temps de travail des enseignants, s'il faut pour cela en faire bénéficier en un seul bloc 350 000 enseignants du second degré, pour une facture, sur un seul exercice budgétaire, de 20 000 postes ?
Qui ne voit que les données corporatives exigent le maintien et l'approfondissement de la spécificité ?
Mais au-delà de ces questions, d'autres se profilent.
Quel gouvernement pourrait accorder des améliorations de carrière liées à de nouveaux contrats d'exercice pédagogique et professionnel sans en limiter dans un premier temps l'effet aux seules forces ou aux sources d'innovation ou de modernisation ?
Faut-il dans ce cadre, renoncer à toute amélioration si elle n'est pas instantanée pour tous, ou au contraire, prendre des marques pour tous, en liant, dans des conditions syndicales et dans un premier temps, niveau III et, par exemple, indices d'agrégés.
Nous venons ainsi de formuler des propositions nouvelles pour les chefs de travaux.
Ne faut-il pas éclairer le terrain de l'enseignement professionnel non seulement par une projection vers le haut mais aussi par notre mission laïque d'enseignement pour tous les jeunes, par exemple en SEGPA ou au niveau CAP et par un éclaircissement de la voie technologique à notre marge ?
Il y a près de 40 ans, dans les années 60, le ministère a choisi de séparer dans l'enseignement technique sa dimension théoricienne et technologique de sa dimension de réalisation et professionnelle.
L'une était destinée aux études longues et à la poursuite d'études, l'autre visait prioritairement la préparation aux qualifications et à l'insertion économique.
Ainsi naquit le clivage entre la voie technologique et la voie professionnelle, devenu conflictuel depuis la création du Bac Pro en 1985.
Faute d'avoir pu démolir les bac pro en 1985, le SNES n'a jamais cessé depuis de chercher à instaurer une tutelle sur l'enseignement professionnel et pour cela de restaurer un rapprochement ambigu entre enseignement technologique et enseignement professionnel.
Il faudra bien trancher et installer dans le champ de l'enseignement professionnel des formations abusivement qualifiées de technologiques.
Il faudra dire si nous nous soumettons à la dure loi technologique du BTS, ou si nous préférons nous créer nos propres outils pédagogiques dès le BTS, ou un autre diplôme, pour donner de nouvelles ambitions à nos enseignements et à nos jeunes.
Il faudra bien enfin qu'on choisisse entre le choix d'une agrégation, qui enfermera nécessairement les revendications du corps inférieur, celui de PLP et la création vers une classe exceptionnelle des PLP accessible dans des conditions à définir.
C'est à ce travail que nous vous convions.
Le courage disait Jean Jaurès, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel".
EN GUISE DE CONCLUSION
Le réel qui nous attend dépasse la fiction.
Nous vous convions en effet demain midi entre 11 h et 13 h en marge de ce congrès, à une rencontre dans les lieux mêmes du VVF avec M. Mélenchon, Ministre délégué à l'Enseignement Professionnel.
En accord avec le secrétariat de ce congrès, nous entendrons le Ministre et lui poserons en contrepartie une série de questions, que nous limiterons à une par académie, et qui seront bien sûr gérées en fonction du temps disponible.
Et quant à l'indépendance syndicale, le Ministre, irrité, ne me disait-il pas il y a quinze jours à propos de notre récente grève : "vous êtes M. Pabot décidément très déstabilisant !".
J'ai, en votre nom, pris cela plutôt pour un compliment.
Croyez-moi, nous pouvons et nous devons ensemble être fiers de notre syndicat.
Je vous remercie.
LE SNETAA
Historique L'équipe nationale Les instances nationales Statut du SNETAA Congrés National / CNE / Congrés d'étude Congrès National
La léchère 2007 Tarascon 2004 Anglet 2001 CNE Congrès d'étude SITE AVANT 2003 PUBLICATIONS
L'AP L'EP Les éditos du secrétaire général LIENS
Les sites académiques Les sites e.i.L Sites conseillés les pétitions
ESPACE ADHERENTSLes APBulletin d'adhesion ACCUEIL ACTUALITES LES ENSEIGNANTS Les certifiés et agrégés
Actualité Mutation Reclassement Notation
Avancement promotion Les PLP
Mutation Reclassement Notation Avancement promotion les stagiaires Les non titulaires
Traitement DROITS ET STATUTS
Statut des agrégés Statut des certifiés Statut des PLP Les non titulaires Statut des TZR Statut de la fonction publiques Congés Temps partiels
de droit sur autrisation Disponibilité
Autorisation d'absence RETRAITE DROITS SYNDICAUX PEDAGO / EDUCATION
Actualités AIS Dossiers
CIC - CPC La voie pro Le lycée Général et techno Le collège le lycée des métiers L'orientation
Violence Stage de formation Snetaa Paru au BO Liens utiles Archives SECTEUR INTERNATIONAL SECTEUR HORS DE FRANCE DOSSIERS
Laïcité hygiene et Sécurité FAQ SNETAA e.i.L 74 rue de la Fédération 75739 PARIS CEDEX 15Tel : 01.53.58.00.30 / Fax : 01.47.83.26.69Mail :
snetaanat@aol.com Ecrire au webmaster :
snetaanat-web@snetaa.org ( © Copyright )