CONFERENCE SUR LES RYTHMES SCOLAIRES La Conférence sur les rythmes scolaires se met en place. Le comité de pilotage devra rendre un rapport d’orientation d’ici 1 an. Bien entendu, le secteur du tourisme y est bien représenté… Pour une fois, il ne faudra pas trop s’inspirer du modèle finlandais, où les vacances d’été sont plus longues que les nôtres, ni du modèle allemand qui est un échec. Quelques pistes envisagées : rallonger l’année scolaire, l’aménager avec des plages sportives, culturelles, éducatives… Bien sûr qu’il y a une attente des parents vis-à-vis de l’Ecole, celle d’une promotion sociale et d’un avenir assuré, mais le bouleversement de l’année scolaire y apportera-t-il une solution ? Attention aussi à la généralisation des « bonnes pratiques » : ce qui fonctionne ici peut très bien ne pas fonctionner ailleurs. Pour ce qui concerne le primaire, la fin des cours le samedi décidé par le Ministre précédent, avec journée allongée le soir, ou pause méridienne amputée pour cause de soutien aux élèves en difficulté, ne peut convenir à de jeunes enfants. Il est donc aussi question de revenir à la semaine de 5 jours. Par ailleurs, la conciliation avec la vie familiale posait des problèmes d’absentéisme pendant les vacances d’été chez les élèves qui pratiquaient la « semaine de 4 jours ». L’aménagement d’après-midi libérées compensées par des vacances plus courtes n’a pas donné de résultats significatifs en terme de résultats scolaires dans la ville d’Epinal. D’autre part, les élus locaux précisent que ce dispositif ne peut être généralisé compte tenu des coûts engendrés. Ces mesures ont un coût indéniable, au moment où nombre de collectivités locales se plaignent d’être quasi en « faillite ». Alors qui va payer ? Cela n’est pas acceptable ! Pour le secondaire , cela signifie, avec les examens, travailler au-delà du 14 juillet et rentrer dès après le 15 août pour tous les personnels. Cela entraînerait obligatoirement des bouleversements pour ceux qui travaillent dans les rectorats et les inspections académiques, notamment un surcroît de travail très important qui a peu de chance d’être compensé par des embauches. De plus, comment concilier ce calendrier avec les procédures d’affectation complexes de notre système éducatif ? Le maintien de l’année scolaire actuelle n’est possible que si le volume d’enseignement dispensé est moins important. En effet, qu’est-ce qu’un élève doit savoir ? Et à quel moment ? Le socle commun répond-il à cette question ? L’allongement de l’année scolaire, qui est actuellement de 36 semaines, permettrait au MEN de l’allonger de la même façon pour les enseignants. Le responsable des rythmes scolaires au MEN de 1982 à 1992 propose dans le même temps d’allonger les vacances de Toussaint et de donner 2 semaines au mois de mai, mois des « ponts ». Une aubaine probable pour les professionnels du tourisme. Le consensus sera difficile à trouver. Au milieu du paradoxe du moins de jours de classe et du plus d'heures d'enseignement, il y aura un choix à faire, ce sera peut-être celui de la véritable démocratisation de l'école. Il n’est bien entendu pas question de bouleverser le calendrier mis en place jusqu’en 2013, rassure le Ministre. Néanmoins, les expérimentations sont les bienvenues. Toujours la même méthode pour déréglementer et généraliser ensuite ! Le Ministre donne pourtant l’impression de se hâter à mettre en place toute une batterie de dispositifs… Les projets se succèdent les uns aux autres dans une sorte de frénésie, une grande idée chassant l’autre, caressant l’opinion publique dans le bon sens… pour des échéances prochaines ?... et pour quelle efficacité ? Enfin, il est faux de prétendre que les congés d'été actuels sont liés exclusivement aux moissons d'une France agricole. Au début du siècle, les élèves n'avaient pas autant de congés d'été. C'est l'histoire de notre pays qui a influencé l'organisation de l'année scolaire : guerre de 14-18 entre autre et surtout l'avènement du Front populaire avec les congés payés. Sur le plan idéologique, cela change beaucoup de choses : il ne s'agissait donc pas seulement d'un impératif économique (même si celui-ci a pu exister) mais aussi, et ce n'est pas sans importance, de la conséquence d'un acquis social.
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