Congrès de La Léchère, mai 2007
DISCOURS D’OUVERTURE DU XXXIV° CONGRES NATIONAL DU SNETAApar Christian LAGE, Secrétaire Général
COMPLEMENT RAPPORT D’ACTIVITE
Bonjour à toutes et à tous
Cher(e)s collègues, cher(e)s camarades. Bienvenue à notre congrès national.
D’ores et déjà, je tiens à excuser certains de nos responsables qui sont absents ici puisque notre administration a maintenu, malgré notre demande, un certain nombre de groupes de travail dans le cadre de la mise en œuvre du mouvement intra. Certes, le calendrier de mois de mai avec les jours fériés et les ponts n’est pas facile. Toutefois, c’est aussi un manque de respect pour notre organisation syndicale qui est réuni ici en congrès triennal. Nous aurions pu refuser de participer à ces réunions mais nous avons encore fait le choix d’être présents pour être comme le plus souvent, les garants des droits de nos adhérents de l’ensemble des PLP. Encore une fois, ce sont les responsables du SNETAA qui prennent sur eux et qui malgré tout seront présents au plus fort de nos débats. Je tenais à le signaler, je tiens à les remercier au nom de notre organisation.
Ainsi, ce congrès s’ouvre dans ce cadre agréable de La Léchère. Merci à Stanislas VALLEE qui vient de nous présenter son académie et sa région pour avoir organisé avec son équipe ce congrès. Tout a été fait pour que nous puissions écouter et échanger dans les meilleures conditions.
Ce congrès s’ouvre alors que notre pays vient de connaître une nouvelle élection présidentielle qui semble entraîner une nouvelle donne politique voulue par le nouveau président élu, Nicolas Sarkozy. Il souhaite la rupture alors qu’il était membre du gouvernement précédent. Nous ne pouvons qu’être inquiets des premiers éléments qui transparaissent avec par exemple la volonté affichée de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite. Si cela se mettait en œuvre, cela signifierait que l’Education nationale serait touchée elle aussi et de plein fouet. Ce seraient donc des postes supprimés mais aussi des postes aux concours qui ne seraient pas ouverts. Il faut rappeler que ces deux dernières années, l’Education nationale a supprimé près de 10 000 emplois. Ces nouvelles suppressions ne pourraient que contribuer à déstabiliser encore davantage l’Ecole. Toutefois, loin de nous l’idée de rompre avec notre valeur d’indépendance syndicale qui nous conduirait inévitablement à des procès d’intention. Nous attendons donc les propositions du nouveau gouvernement, les actions du nouveau Ministre de l’Education nationale Xavier DARCOS, et nous jugerons sur pièce. Nous ferons tout pour que le SNETAA soit consulté sur tous les dossiers qui concernent notre secteur.
Le SNETAA reste donc totalement ancré dans ses valeurs notamment la laïcité. Ainsi, il entend bien lutter :- pour préserver nos acquis : notre cadre statutaire avec notamment notre appartenance à la fonction publique qui nous ouvre le droit à notre pension. Celle-ci à l’orée du rapport du COR (Comité d’Orientation des Retraites de 2008) ne peut souffrir d’autres reculs dans son cadre d’attribution.
- pour obtenir de nouvelles avancées. C’est surtout obtenir l’égalisation des conditions de travail pour tous les PLP alors qu’actuellement c’est l’enseignement général et le tertiaire qui voient leurs conditions de travail les plus dégradées.
C’est pourquoi, depuis trois ans, le SNETAA a voulu développer une nouvelle dynamique syndicale basée sur l’adhérent. L’adhérent est bien au centre de nos préoccupations comme nous l’avons largement évoqué dans le rapport d’activité. C’est bien la mise en œuvre d’un syndicalisme construit autour de nos valeurs qui sont largement dépendantes d’Autrement alors que celles ci étaient constitutives du texte Autrement soumis au vote d’orientation. C’est bien notre volonté de redynamiser le SNETAA en rassemblant et en matérialisant notre unité qui passe par le retour du débat serein avec une convivialité retrouvée. C’est le développement et la construction de nouvelles solidarités notamment au sein de nos établissements avec le refus du mérite subjectif, le refus de l’arbitraire et de l’autoritarisme, le refus de l’autonomie des établissements sous prétexte de contrats d’objectifs alors qu’ils seraient transformés en établissements performants et concurrentiels.
Le combat de la syndicalisation a été mené sans relâche depuis trois ans. L’environnement n’est pourtant pas facile car de nombreux collègues sont encore déçus et amers de combats perdus comme celui sur les retraites en 2003. De plus, l’arrivée d’une nouvelle génération de collègues pose le problème de la représentation et de l’attractivité des syndicats : pour beaucoup de ces jeunes collègues élevés dans une logique de consommation, le syndicat est là pour réaliser une offre de services. Ainsi, il nous a fallu modifier notre image pour que le SNETAA demeure le premier syndicat de l’enseignement professionnel, héritier d’un passé et porteur d’un avenir basé sur la défense des personnels, de l’enseignement professionnel, car justement tous ces éléments sont orchestrés par ces valeurs. Aujourd’hui, le travail du national, des académies, a permis de mettre fin à un processus de perte d’adhérents que nous connaissions chaque année. Le SNETAA achève son exercice avec des adhérents supplémentaires par rapport à l’an dernier. Compte tenu de ce que nous avons évoqué précédemment dans le cadre environnemental mais aussi la concurrence acharnée des autres syndicats, c’est une très bonne nouvelle qu’il faut bien sûr confirmer dans les années à venir. La syndicalisation est bien l’affaire de tous, à tous les niveaux. C’est encourageant mais pour autant, face à la situation et aux difficultés qui nous attendent, ce n’est pas suffisant. Le SNETAA doit continuer à se renforcer et nous n’avons pas le choix si nous voulons continuer à peser sur notre avenir.
Le SNETAA a aussi fidèlement mis en œuvre des décisions prises précédemment comme la syndicalisation des certifiés-agrégés. Ainsi, en 2006, nous nous sommes donné les moyens de tenir les engagements pris. Pour cela, il a fallu constituer réellement un secteur certifié-agrégé sous la responsabilité directe d’un conseiller technique. Le conflit avec le SNCA est maintenant définitivement clos. Cette page malheureuse de notre histoire récente, écrite par d’autres, est résolue. Les certifiés peuvent donc avoir toute leur place au sein du SNETAA. La syndicalisation des certifiés-agrégés ne change en rien notre spécificité d’un syndicat au service et pour la défense de l’enseignement professionnel de ses personnels. Au contraire, nous nous sommes rendu compte que cela nous obligeait à de nouveaux liens avec le collège et le lycée. Le collège dont on a renforcé le cadre unique avec l’achèvement de ses cycles n’est plus pour nous le collège pour tous puisqu’il secrète de nombreux élèves en grande difficulté et en situation d’échec. C’est pourquoi face à cela, le gouvernement a créé l’apprentissage junior. C’est simplement la solution non avouée, car inavouable, pour exclure du collège ces jeunes en grande difficulté. Le SNETAA s’est bien sûr élevé contre la mise en œuvre de cet apprentissage car pour lui l’entreprise n’est pas l’endroit pour palier l’échec scolaire. C’est l’affaire de l‘école. C’est pour cela que le SNETAA comprend parfaitement que le collège ne puisse plus accueillir ces élèves en grande difficulté et c’est pourquoi il a proposé qu’ils aient leur place en LP car celui-ci a montré dans son passé récent qu’il était capable de remotiver ces jeunes. Ainsi, les certifiés en collège sont-ils confrontés à la nouvelle troisième diversifiée avec les heures de découverte professionnelle. C’est tout le problème de la connaissance des métiers et de la formation professionnelle qui est posé. C’est plus généralement celui de l’orientation. Des contacts sont donc aujourd’hui nécessaires entre le collège et le lycée professionnel. La syndicalisation commune des personnels permet la reconnaissance et le respect de la mission de chacun. L’enseignement technologique subit aujourd’hui des évolutions avec la question posée de sa véritable place, notamment dans le cadre des poursuites d’études. Le développement de la syndicalisation des certifiés-agrégés est aussi une exigence que nous devons avoir pour que ces collègues puissent eux aussi connaître des avancées statutaires. C’est aussi notre refus de l’acceptation d’un corps unique d’enseignants qui pourrait être accéléré dans le cadre de la mise en œuvre de la LOLF avec la massification du second degré. De nombreux certifiés servent en lycée professionnel. Nous devons donc là encore avoir des réponses à leur apporter. La transformation de nos LP en lycées polyvalents nous conduit aussi à construire ces réponses. Aujourd’hui, le SNETAA est en capacité de répondre aux questions de certifiés-agrégés. Ceux-ci reçoivent maintenant un 4 pages spécifiques régulièrement.En 2005 le SNETAA avait présenté une liste nationale aux élections professionnelles chez les certifiés. En 2008, nous devons donc avoir en plus des listes académiques. La Polynésie nous a montré l’exemple puisque nous avons un élu chez les certifiés à la Commission sur le Territoire. Je les salue ici puisque nous avons parmi la délégation de nos collègues un de ces camarades.
Le SNETAA, après débat, a décidé de resyndiquer les non-titulaires et principalement les contractuels. C’est un choix dicté par la volonté d’efficacité au service de la défense de ces collègues. Ils sont dans nos établissements. Ce sont aux responsables du SNETAA à qui ils s’adressent. Ce sont eux qui les défendent, et qui participent dans les différents groupes de travail à leur évaluation, à leur affectation. De plus, nombreux sont ceux qui avec l’obtention du concours deviennent titulaires. Ils étaient à ce jour au SNPC, syndicat de notre fédération eiL. Nous leur proposons donc de réintégrer, comme par le passé, le SNETAA pour que celui-ci puisse leur offrir toute son efficacité et toute sa puissance. En effet, les contractuels, vacataires et autres non titulaires sont dans une situation de précarisation que nous ne pouvons et ne devons pas accepter entre collègues. Justement, la mise en œuvre d’un CDI est pour nous une orchestration de cette précarité. Certes, l’obtention d’un CDI peut apparaître un mieux pour eux mais il ne signifie en rien une titularisation, ni la mise en œuvre d’un statut qui prévoit évolution salariale. Le CDI est bien pour nous un « piège » qui met en œuvre une sous-fonction publique avec des collègues qui sont licenciables à tout moment, qu’ils ne l’oublient pas. De plus, cela pose la question de l’affectation de ces CDI. Sur quels supports sont-ils affectables ? La règle dans la fonction publique est l’affectation en premier lieu des titulaires. Pour autant, n’est-ce pas sournoisement une diminution du droit à mutation à partir du moment où, s’il y a des CDI, ne faut-il pas maintenir des supports qui ne sont pas mis au mouvement ? C’est bien sûr un procédé inacceptable pour des titulaires mais aussi pour les CDI qui seraient totalement livrés, sans possibilité de refus, aux autorités rectorales, voire soumis à l’arbitraire du chef d’établissement.
Ce combat de la syndicalisation est bien l’enjeu du renforcement du SNETAA. Aujourd’hui, ensemble, nous sommes dans une organisation apaisée qui reste ferme sur ses mandats. Le SNETAA a reconquis toute sa crédibilité auprès de notre administration et toute sa place dans notre environnement syndical. Il a aussi choisi de s’inscrire dans le renouvellement de ses cadres qui correspond au renouvellement des générations. C’est pourquoi, il a organisé plusieurs stages de formation. Nombreux parmi vous y ont participé, notamment au dernier que nous avons organisé à Pornichet. Votre engagement est à saluer. Il est aussi l’avenir du SNETAA qui accepte de faire une place aux jeunes et aux femmes. Nous poursuivrons et accentuerons même cette nécessité de formation à tous les niveaux.
Le SNETAA a choisi, dans son histoire récente, l’autonomie et la création d’une nouvelle fédération eiL. Ce choix pèse encore aujourd’hui et si notre outil fédéral n’est pas aussi développé que nous le souhaiterions, nous n’avons pas à rougir de nos actions récentes et de l’écho rencontré chez les TOS et les administratifs. L’enjeu fédéral demeure une interrogation pour l’avenir. Rien à ce jour ne peut être exclu. Pour autant, aujourd’hui le SNETAA reste dans eiL et le Secrétariat National proposera tout naturellement au Conseil National la reconduction de l’affiliation fédérale à eiL. Le SNETAA n’a pas d’autre solution que de se renforcer pour peser sur son avenir à partir du moment où le SNETAA ne saurait admettre la remise en cause de son indépendance et de son autonomie quant au choix de ses mandats.
C’est donc à la construction d’un syndicat renforcé que je veux vous inviter. C’est à un combat quotidien que je vous appelle. C’est donc au développement de l’idéal syndical et à son renouveau que nous devons participer. Le syndicalisme est menacé aujourd’hui par le développement de l’individualisme. Nous devons donc sur nos valeurs construire un véritable pacte syndical autour de la mise en œuvre de solidarité avec les personnels.
En effet, le SNETAA doit peser :- pour les personnels, c’est à dire les PLP, les autres enseignants autour de corps spécifiques, car si enseigner est bien notre métier, en fonction du public devant lequel nous agissons, ce sont bien des métiers différents qui constituent notamment la spécificité ;- pour le développement et la valorisation de l’enseignement professionnel dans le cadre d’un lieu spécifique, le lycée professionnel. C’est pourquoi nous refusons toute mixité des publics et le lycée des métiers.
L’histoire récente nous a fait vivre trois années d’évolutions, pire que des réformes. Nous l’avons déjà largement évoqué. Pour autant, nous devons souligner que cela a contribué à la dégradation de nos conditions de travail. Ainsi se sont multipliées les situations de grande souffrance chez nombre de nos collègues. Ces situations sont le plus souvent aggravées par la violence qui a maintenant envahi l’école. Ce sujet autrefois tabou doit être maintenant largement abordé pour ne plus en nier son existence tout en refusant la culpabilisation des personnels. Le SNETAA l’a fait. C’est pourquoi nous avons souhaité que le moment de ce congrès permette l’expression sur ce sujet. Nous nous retrouverons donc mercredi matin dans le cadre d’une conférence débat avec plusieurs invités sur ce thème : pour une école sans violence. Effectivement, nous restons persuadés qu’il est de la responsabilité de notre administration mais aussi de l’ensemble de la collectivité éducative, voire de la société, que de refuser toute forme de violence.
Ces évolutions semble-t-il, ont modifié la logique structurelle de notre métier que l’on veut baser aujourd’hui sur la performance avec son corollaire de l’évaluation subjective au mérite (le passage à la hors-classe). Le changement de visage structurel de nos établissements est en route, il est maintenant basé sur des objectifs à atteindre et à satisfaire dans le cadre d’un contrat qui sous-entend la mise en œuvre d’un projet d’établissement dont la partie pédagogique sera élaborée par la mise en œuvre d’un nouveau conseil pédagogique. Si le SNETAA n’est pas contre les évolutions, il ne peut que s’inquiéter de celles-ci. Ne s’agit-il pas de la mise en œuvre du libéralisme dans l’éducation alors que l’école deviendrait un sujet de marchandisation ? Au nom de l’avenir des jeunes et de celui de la formation professionnelle, nous refusons de nous engager sur ce chemin.
Effectivement, les gouvernements successifs sous prétexte de lutter contre les sorties sans qualification du système scolaire, ont développé massivement le recours à l’apprentissage, avec la complicité objective des régions. Nous maintenons notre volonté que notre école républicaine puisse offrir une véritable orientation au choix à tous les jeunes. Cela passe bien par le maintien de l’enseignement professionnel et l’implantation d’établissements dans le cadre de l’aménagement du territoire et de la proximité. Le gouvernement précédent voulait que les établissements scolaires développent en leur sein l’apprentissage dit public. N’est-ce pas une menace directe contre la pérennité de nos sections en formation initiale ? Le congrès doit bien s’interroger sur la validité de notre mandat à propos de l’apprentissage. C’est tout l’enjeu de notre lieu d’exercice spécifique : le lycée professionnel. C’est tout l’enjeu de notre statut car ce serait la mise en œuvre de l’annualisation et de la globalisation de nos services. C’est une étape nécessaire pour la mise en œuvre de la mixité des publics. C’est bien le sens qui est donné par l’audit de l’Inspection générale des Finances sur la carte de l’enseignement professionnel qui souhaite bien entendu la flexibilité.
C’est la mise en place d’une manière pernicieuse de l’autonomie des établissements qui laisse croire que les personnels sont considérés pour eux-mêmes et individualisés, qu’ainsi chaque individu voit son mérite reconnu. C’est l’encouragement de l’individualisme et la rupture d’un sentiment d’appartenance à un groupe. C’est le développement de la compétition. Ainsi, i-Prof contribue à cela. N’est-ce pas par ailleurs une volonté inavouée de s’affranchir des partenaires sociaux que sont les syndicats à partir du moment où on laisse à penser que le lien direct avec l’administration qui vous conseille, et qui pourquoi ne pas rêver, vous aime ? Il s’agit au contraire de retisser les liens de solidarité au sein de nos établissements car c’est à partir de la mise en œuvre de modalités collectives que l’on peut lutter car ce n’est plus l’individu qui est affronté car il a perdu, mais c’est le groupe qui construit un nouveau rapport de force basé en partie sur sa détermination. Evaluation au mérite, contrats d’objectifs, contribuent à déliter tous ces liens. Ne nous laissons pas abuser.
Ces éléments d’agressions contre les personnels s’accompagnent de menaces souvent masquées contre les diplômes de l’enseignement professionnel. En effet, nous l’avons déjà largement expliqué, la formation qualifiante sanctionnée par un diplôme permet toujours, quoique l’on en dise, une meilleure insertion professionnelle. Toutefois, le diplôme est aujourd’hui largement remis en cause par des organismes et certaines organisations d’employeurs qui restent la plupart du temps dans le sempiternel discours que l’Ecole ne sait pas former. Ils ont la tentation de délivrer leur propre document de compétences. C’est bien là le fond du problème car la notion de compétences fait immanquablement référence à une employabilité immédiate. Cette employabilité est celle d’un poste de travail à un moment donné. La formation initiale a pour mission non seulement de préparer à l’insertion professionnelle immédiate mais aussi de construire les bases de l’évolution nécessaire d’une carrière, pour un parcours professionnel. Une autre remise en cause des diplômes est beaucoup plus pernicieuse et vient de notre institution qui a fait semblant de découvrir que le coût d’un élève de LP est en moyenne plus élevé que les autres. Les examens terminaux en LP nécessitent matière d’œuvre et mobilisation de personnels. Ils sont, eux aussi, jugés trop chers. C’est pourquoi le CCF a été mis en œuvre et vous aurez d’ailleurs largement l’occasion d’y faire allusion. Nous le redisons avec force. Il n’est pas question d’accepter la seule délivrance du diplôme par le seul CCF. La validité du diplôme est liée à un examen terminal garanti par l’anonymat du candidat. C’est aussi une manière de concurrencer les établissements d’enseignement professionnel que d’autoriser ou laisser faire des organismes de formation habilités à délivrer des compétences.L’enseignement professionnel est aussi soumis à de nombreuses interrogations puisqu’il faut bien entrer des sujets comme le développement de la VAE, mais aussi la formation continue des adultes. Ces éléments existent dans notre système. Ils sont souvent laissés pour compte et mal intégrés alors que c’est bien une mission de l’enseignement professionnel. Ainsi, la formation continue (les GRETA, par exemple), est souvent effectuée dans le cadre d’heures supplémentaires ou confiée à des personnels contractuels. Nous devons nous interroger aujourd’hui sur leurs missions et sur leur place. Cette question est d’autant plus vraie que d’autres questions nous arrivent dans le cadre de l’Europe :- Quid de l’harmonisation des diplômes européens qui permet la libre circulation des individus ?- - Quid de la formation tout au long de la vie : les 3 L, Life Long Learning avec la mise en œuvre des ECVET, c’est-à-dire le Crédit formation européen ?- Quid enfin de la traduction des recommandations européennes ?En effet, que nous le voulions ou non, la logique européenne influe sur notre cadre éducatif, notamment sur l’enseignement professionnel. C’est pourquoi le SNETAA a décidé de s’impliquer à nouveau dans les instances syndicales européennes et mondiales. Il s’agit bien là de nous renforcer mais surtout de faire entendre notre voix. Ainsi, dans notre action immédiate, nous avons rédigé une motion commune avec un syndicat allemand, le BLBS, pour la défense et la promotion de notre enseignement professionnel. Ainsi, les camarades du BLBS nous feront la joie et l’honneur d’être présents à notre congrès mercredi et jeudi. Nous pourrons ainsi débattre ensemble, notamment jeudi matin, lors du séminaire réservé à ces problèmes. L’enjeu est aujourd’hui de taille car l’enseignement professionnel est aussi menacé par la mondialisation dans le cadre des AGCS puisqu’une libéralisation des services d’enseignement professionnel est demandée afin qu’ils entrent dans le cadre de la concurrence. Ce serait une grave menace et la remise en cause de l’enseignement professionnel dans le cadre du service public.
Le service public en France, au sens où nous l’entendons, c’est-à-dire la fonction publique, est lui aussi menacé par le cadre général d’une politique libérale. N’entend-on pas comme seul leitmotiv qu’il y a trop de fonctionnaires et qu’il faut donc en supprimer ?Par contre, si on demande s’il y a trop d’agents de police, trop de magistrats, trop d’infirmières, ou de personnels soignants, la réponse devient tout à fait différente, voire divergente. Alors, plus besoin de prétextes, il faut dégraisser le mammouth, c'est-à-dire que l’Education nationale risque de subir à nouveau une saignée quitte cette fois ci à tuer le malade. C’est pourquoi dans ce contexte encore plus prégnant la question sur la place de l’enseignement professionnel au sein de l’Education nationale prend toute son acuité. Les combats seront donc à nouveau à mener pour maintenir et faire respecter nos droits, pour nous faire tout simplement respecter par notre employeur. Le premier respect passe par notre véritable reconnaissance comme de vrais professionnels, ce qui implique que nos salaires soient eux aussi à la hauteur de notre qualification. Nous devons impérativement obtenir une revalorisation de nos salaires mais aussi avoir un rattrapage financier pour la perte de pouvoir d’achat que nous avons cumulée ces dix dernières années. La question des salariales est aujourd’hui un sujet que nous devons mettre largement en avant, tant nous avons subi une paupérisation. En effet, il est impossible aujourd’hui à un jeune collègue de se loger à Paris, mais aussi et c’est nouveau, à Montpellier, Marseille, Bordeaux… Nous devons donc prendre acte de ces éléments de notre environnement.
De la même manière, nous ne pouvons qu’être très inquiets pour le devenir de nos pensions à l’orée du rapport de 2008 du COR. Là encore, nous demandons une véritable amélioration du corps des pensions avec une revalorisation mais aussi l’arrêt des reculs sociaux quant aux conditions de l’obtention de la pension. Quitte à paraître dinosaures ou privilégiés, nous continuons à affirmer notre demande du retour aux 37,5 ans et aux 2 % par an.
Tous ces enjeux débouchent inévitablement sur l’action : ces trois dernières années, le SNETAA n’a effectivement pas manqué de vous y appeler et vous a demandé de vous mobiliser. En effet, nous avons souhaité que le syndicat majoritaire de l’enseignement professionnel soit uni et rassemblé au-delà des différences pour agir. C’est pourquoi nous avons décidé de participer à certaines intersyndicales pour être plus forts ensemble. Il en est ainsi de l’intersyndicale qui complète et renforce notre combat pionnier contre le passage au mérite pour la hors-classe mais aussi celui contre la réécriture des décrets de 50. Ainsi, cette dernière intersyndicale s’est-elle réunie à nouveau lundi 14 mai pour s’adresser au nouveau Ministre, Xavier Darcos, en lui demandant l’abrogation de ce décret et la restitution des moyens supprimés. Le SNETAA poursuivra dans cette voie et participera à la constitution de l’unité syndicale autour de lui. Il est en effet un vecteur qui permet souvent la conciliation des positions divergentes. Ainsi, mercredi, vous pourrez entendre le message porté par d’autres organisations syndicales à notre congrès.
Le SNETAA est aujourd’hui à nouveau bien ancré dans le paysage syndical de l’Education Nationale. Il est crédible et écouté. A nous, à vous, de poursuivre son renforcement qui passe par le rassemblement. A nous, à vous, de le développer dans le quotidien. Cela signifie que ce congrès doit être le congrès de la mobilisation syndicale pour notre métier, pour l’enseignement professionnel, pour le syndicalisme. Le syndicalisme doit retrouver toute sa place et tout son crédit en jouant son rôle mais rien que son rôle de défenseur des personnels de notre Ecole républicaine, de la fonction publique et de l’enseignement professionnel au sein de l’éducation nationale.Ce congrès doit être un congrès de volonté et de combat, notamment à l’orée des élections professionnelles de 2008. Nous devons gagner ces élections. Les gagner signifie que nous devons à nouveau progresser. C’est pourquoi nous mobiliserons tous les moyens de l’organisation vers ce but. C’est pourquoi nous ne nous laisserons pas distraire de cet objectif. Mes chers camarades, mes chers collègues, je vous invite à un congrès constructif lors des débats pour que nous puissions réaffirmer des mandats clairs et des logiques d’action volontaires et engagés quitte à nous interroger sur de nouvelles modalités car la grève est un élément mais ne doit plus être le seul.
Le SNETAA a un long passé. C’est donc ensemble que nous allons lui construire un avenir pour les personnels, pour l’enseignement professionnel, et pour la rénovation du syndicalisme.
Merci de votre écoute. Il ne nous reste plus qu’à retrousser nos manches et nous mettre au travail car si des menaces sont bien présentes, à nous de lutter pour que nous puissions continuer à porter haut et fort la voie de l’enseignement professionnel.
LE SNETAA
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Actualité Mutation Reclassement Notation
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Mutation Reclassement Notation Avancement promotion les stagiaires Les non titulaires
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