Congrès de La Léchère, mai 2007
DISCOURS , Secrétaire Général
de la fédération e.i.L
Mes chers camarades, c’est avec un immense plaisir que je viens vous porter le salut de la fédération EIL. Immense plaisir d’abord parce que la fédération EIl, notre fédération, fête cette année ses 5 ans d’existence. A l’époque il fallait une sacrée dose de volonté pour croire non seulement à la survie du SNETAA, mais aussi en une survie indépendante. Certes tout n’est pas pour le mieux à EIL, mais construire une nouvelle fédération prend du temps. Regardez SUD pratiquement 10 ans leur représentativité est contestée. Et encore cette fédération bénéficie, chacun le sait, des moyens de la Ligue Communiste Révolutionnaire, ainsi que, parfois, des médias.Notre conception du syndicalisme fondée sur l’indépendance du syndicat par rapport aux partis politique est sur ce plan là un handicap car la formation de militants nécessite beaucoup de temps. Développer une fédération aussi.
Pour nous il n’y a pas un syndicalisme d’appareil, de délégation où le syndicat est la propriété de quelques uns. C’est bien l’ensemble des adhérents la force de l’organisation. Nous revendiquons un syndicalisme d’adhérents, et nous le mettons en pratique. Et le rôle de la fédération est bien d’aider ses syndicats lorsqu’ils demandent. C’est le respect des uns et des autres, la tolérance mutuelle, bref la laïcité qui est le fondement de nos relations.
Un immense plaisir aussi parce que le SNETAAEIL mon syndicat, est debout malgré les nombreuses tentatives mises en œuvre pour l’abattre. Le SNETAA EIL n’existe plus disait ses adversaires lors des élections professionnelles de 2002. La même affirmation a été réitérée en 2005 avec guère plus de succès. Le SNETAA demeure le premier syndicat des PLP. Il a certes été touché, comme toutes les autres organisations syndicales, par la baisse du nombre d’adhérents. Le phénomène est stoppé, et des espoirs de re syndicalisation se confirment, permettant de voir à nouveau les effectifs en hausse
Un immense plaisir aussi par ce que de nouvelles générations et de jeunes militants s’impliquent à nouveau dans la vie de l’organisation. De nouveaux militants sont présents dans ce congrès. Ils sont porteurs d’espoir pour le SNETAA EIL. La relève, pour l’essentiel des académies, est ainsi assurée. Christian tu peux être fier du résultat du travail de ton premier mandat. Parce que c’est important de pouvoir pérenniser notre organisation, nos valeurs, et que bien des responsables te le diront : ce n’est pas facile de trouver des militants et de les former. Chers camarades, vous êtes réunis en congrès pour d’abord évaluer l’activité de l’organisation de ces trois dernières années, mais aussi pour réfléchir aux mandats que vous voulez vous donner pour les trois années à venir. C’est cette deuxième partie de congrès qui sera la plus intéressante. Vous avez à préparer non seulement les mandats des trois prochaines années mais aussi les prochaines élections professionnelles. Et pour cela, il vous faudra tenir compte de l’environnement de ces derniers mois.L’environnement c’est la longue période de compagne électorale que nous vivons entre les élections présidentielles et les législatives. C’est d’abord un nouveau président. Syndicalement que peut on dire Plus de 80% de participation, cela signifie que la démocratie semble sortir de la crise dans laquelle elle s’était plongée il y a 5 ans. L’écart qui le sépare de la candidate battue ne laisse planer aucun doute. Les français ont choisi. Il faut respecter leur choix. Conformément à notre conception du syndicalisme, nous n’avons pas appelé à voter pour tel ou tel candidat, comme nous ne le ferons pas non plus pour les élections législatives. Nous n’avons pas appelé à participer aux rassemblements, manifestations du 1er mai, fête symbolique des travailleurs. Certains nous l’ont reproché. Mais aller défiler en appelant à voter contre un candidat ce n’est pas le rôle d’une organisation syndicale, quels que soient les pensées, les choix politiques que peuvent faire à titre individuel chacun d’entre nous Nous sommes pour l’indépendance du syndicat par rapport aux partis politiques. Il ne suffit pas de le dire, mais il faut mettre faut ses actes en cohérence avec sa pensée.
Notre rôle est de veiller, comme nous l’avons toujours fait, à ce que la laïcité, la liberté de conscience, la liberté d’expression, les droits syndicaux, le droit de grève… ne connaissent aucune atteinte. Quelles que soient l’opinion que l’on peut avoir de Sarkozy, les violences qui ont suivi le résultat des élections sont inadmissibles. Ce sont des voitures de citoyens qui ont brûlé. Détruire des écoles, c’est outre le manque de respect pour le système scolaire, attaquer un des symboles de la République, et nier les institutions républicaines. C’est nier les choix des français. Nous sommes en République et les décisions prises par le peuple c’est sacré, même si l’on est en désaccord. Le respect de l’autre, c’est la base même du fonctionnement de la démocratie. Nous ne pouvons que condamner ces violences. Mais il nous appartient de réfléchir à ces affrontements, et à la façon dont notre société forme ses citoyens, et comment elle peut intègrer économiquement, socialement, professionnellement ses jeunes.
L’environnement c’est aussi la campagne électorale qui s’engage dans le cadre des élections législatives. Et vous pourrez interroger les candidats dans vos circonscriptions à partir des questionnaires du SNETAA et de la fédération. Ils ne sont pas antinomiques. Ils sont disponibles en téléchargement sur leur site..Notre rôle c’est de poursuivre notre travail syndical. Les élections n’ont supprimé ni les problèmes que nous avions sous le Ministre de Robien, ni ceux concernant la notion de représentativité syndicale et encore moins ceux relevant de la Fonction publique. Décret de 50, apprentissage, risque de se retrouver avec plusieurs employeurs, dégradation de nos conditions de travail, paupérisation de nos métiers, salaires dévalués de plus de 20 % depuis 1981. Le nouveau Ministre, Darcos, le sait, lui qui a rédigé un rapport et fait des propositions sur la situation morale et matérielle des professeurs en France » en mars 3007 pour le candidat Sarkozy… Sa première proposition c’est de réunir « une table ronde avant l’été pour redéfinir les obligations de service ». Prenons le au mot, et expliquons clairement toutes nos positions.Même si nous sommes conscients que la fonction publique ne peut demeurer fossilisée, les réformes entreprises ne vont pas dans le bon sens. Les regroupements de corps, de CAP, voire de CTP, la suppression d’un poste de fonctionnaires sur deux partant à la retraite…ne reçoivent pas notre accord. La catégorie C est la première concernée par la réforme de l’Etat : regroupement des corps des trois fonctions publiques, sans réelle augmentation de salaire, plus grande mobilité, suppression de la notation remplacée par une évaluation effectuée par le chef de service. C’est ce qui nous attend aussi avec la proposition de suppression de notation incluse dans la loi de réforme de la fonction publique. Cette réforme de la fonction publique, c’est la remise en cause du statut des fonctionnaires, de leurs garanties, de leur indépendance, et leur remplacement par l’arbitraire, le favoritisme, la flexibilité C’est le démantèlement des la fonction publique avec pour perspective la privatisation d’une grande part des services. La décentralisation illustre parfaitement ces agressions contre le service public. La reconstruction dans les Hauts de Seine du collège G. Pompidou de Courbevoie est confiée à une entreprise privée du financement (conception, construction) à la maintenance et à l’entretien. C’est un établissement qui se retrouvera sans TOS. Ce n’est pas les seul cas. Et les personnels TOS ne sont pas mieux lotis. Selon qu’il est salarié de l’Etat ou de la région un agent, perçoit une IAT qui peut être plus de dix fois plus importante. L’inégalité s’installe entre les agents. C’est inacceptable.. La maintenance des matériels informatiques, matériel que nous utilisons tous dans les établissements : est elle aussi de plus en plus fréquemment confiée à des entreprises privées, alors que jusque là des personnels de l’éduction nationale assumaient cette tâche.C’est la remise en cause non seulement de nos métiers mais aussi du service public. C’est inacceptable. La plus grande vigilance s’impose. Il faudra bien que l’ensemble des partenaires sociaux s’entendent pour construire les réponses nécessaires. La révision de la loi sur les reraitesavec les perspectives présentées par le COR ne peuvent que nous inquiéter.Et le contexte européen ne permet pas l’optimisme. Si les décisions prises dans le cadre de la stratégie de Lisbonne peuvent par certains aspects être porteur d’espoir (la réduction du nombre de jeunes quittant l’école sans qualification), la volonté européenne de développer l’école tout au long de la vie va à l’encontre de la spécificité française de formation professionnelle initiale à temps plein au sein du service public. Il faudra réfléchir aux solutions, aux contacts nécessaires que nous pourrons et devrons trouver au plan européen pour faire respecter notre spécificité.
La directive européenne concernant les personnels non titulaires au sein de la fonction publique s’est traduite en France par la création de CDI, c'est-à-dire par la création à terme d’une fonction publique bis avec des personnels précaires aux droits réduits. Pour nous il ne peut y avoir deux catégories de fonctionnaires. Seule la titularisation de ces précaires est envisageable.
L’idée développée dans le rapport public 2007 du Conseil d’Etat ne peut que nous inquiéter : « l’ordre juridique communautaire fait de chaque fonctionnaire français un fonctionnaire européen, responsable de l’application des règles définies à Bruxelles au même titre que celle qui sont adoptées à Paris ». N’y a-t-il pas là idée de supprimer l’indépendance des fonctionnaires par rapport au Pouvoir en place ? Serions nous condamnés à devenir de simples exécutants des décisions européennes sans même le savoir ?
Nous ne pouvons rester indifférents aux transferts des entreprises vers les pays moins développés, laissant au chômage des milliers de salariés, ce qui a des répercussions pour les jeunes qui nous sont confiés, Nous ne pouvons non plus rester indifférent à la directive Bolkestein qui mène tout droit à la réduction des rémunérations des salariés dans notre pays Nous ne pouvons non plus rester indifférents aux départs de responsables d’entreprises avec des parachutes dorées alors que notre pouvoir d’achat régresse d’année en année …
Face à ces agressions, une réponse commune de l’ensemble des organisations syndicale est nécessaire. Mais l’unité est-elle possible ? Pour des actions spécifiques, oui mais de là à aller à une réunification organique… peu de monde y croit. La faiblesse du nombre d’adhérents (moins de 8 % de syndiqués dans le privé, 10 % dans le public) conduit les organisations à un affrontement permanent. Pour montrer leur importance, par idéologie et par dogme, certains syndicats n’hésitent pas à lancer des actions sans se soucier du résultat. Et les responsables sont surpris de la désaffection des salariés. De nouvelles organisations sont apparues. EIL en fait partie, mais les lois régissant la notion de représentativité empêchent ces nouveaux venus de se présenter aux élections. Ce sont alors des coordinations où personne ne peut prendre de décision qui surgissent, éphémères. C’est une des raisons qui ont amené les responsables de vouloir reconsidérer la notion de représentativité et ses conséquences. Ce sont les élections qui permettent de mesurer la représentativité, et pas les décrets, toutes les organisations syndicales le reconnaissent. Des élections vont se dérouler à la rentrée scolaire chez les personnels non enseignants. Deux syndicats de la fédération sont concernés le SNEPAG et le SNATOS. En 2004 leurs listes ont été refusées sous le pseudo motif d’une représentativité insuffisante. Mais l’an dernier à Strasbourg et à Lille des listes ont pu être déposées. Et lors des élections de la région Alsace, le SNATOS considéré comme représentatif, a fait un meilleur score que la CGT et que la FSU. Ces deux syndicats demandent votre aide pour constituer des listes dans toutes les académies En rentrant du congrès, proposez aux agents administratifs et de gestion de votre établissement d’être candidat au nom du SNEPAG ; proposez aux TOS qui n’ont pas opté pour la fonction publique territoriale d’être candidat au nom du SNATOS. Chaque S1 reçoit la revue du SNATOS. Chaque S1 reçoit la revue du SNEPAG. Vous avez là une mine de renseignements pour pouvoir aider ces personnels. Et si vous avez un doute contactez nous. De nombreux personnels le font bien. Alors pourquoi pas les adhérents de la fédération ? Et sur votre demande, nous vous ferons parvenir des déclarations de candidature. Certains vont penser que dans le cadre des recompositions qu’ils espèrent à partir de la Confédération syndicale internationale dont le congrès fondateur a lieu en novembre 2006 à Vienne, ce n’est pas la peine d’augmenter les divisions. Mais à peine créée des courants opposés l’un pro communiste l’autre pro chrétien ont vu le jour en son sein Mais cette confédération envisage aussi des rapprochements avec les ONG et souhaite participer aux forums sociaux mondiaux. Ce n’est pas notre conception du syndicalisme. Non ce n’est pas cela le syndicalisme que nous voulons.Cette conception remet en cause, à terme l’existence non seulement de la fédération et du SNETAA mais aussi et surtout celle de la formation professionnelle. Aucun autre syndicat ne défend les Lycées professionnels comme avec autant de détermination. Entre les choix de développement de l’apprentissage vanté par certains, le lycée poly technologique, le lycée unique, il n’y a pas de centrale qui recoupe nos positions. Faudrait il faire comme FO qui est contra l’apprentissage alors que sa confédération est pour. Qui défend la spécificité des PLP ? Ou alors il faudrait que le SNETAA et sa fédération reviennent sur certains de ses mandats, et en particulier sur l’idée de donner aux jeunes qui sont confiés à l’école publique laïque, la possibilité d’aller au maximum de leurs possibilités, de bénéficie de l’ascenseur sociale qu’est la formation professionnelle, pour pouvoir devenir des hommes maîtres de leur destins et capable de s’intégrer dans la société économiquement, socialement, citoyennement. S’il y a recomposition, il est préférable de pouvoir négocier en position de force. Seul, sans appui, que pèserait le SNETAA ? Quel diktat devrait-il subir ? Avec une fédération dont les syndicats sont en développement, à partir de nos valeurs , les valeurs du SNETAA également, les rapports seraient moins inégaux, et les négociations ne feraient pas passer les idées pour lesquelles nous combattons aux oubliettes .Aussi ne sont ce pas seulement les non enseignants dont il a été question tout à l’heure qu’il faut contacter. Les élections professionnelles de 2008 se préparent dès maintenant. En plus des listes de PLP, le SNETAA se doit de présenter des certifiés dans toutes les académies. C’est indispensable pour renforcer la conception du syndicalisme que nous défendons et de notre crédibilité.C’est ainsi mes camarades, que nos valeurs, nos idées, de laïcité, d’indépendance, permettront de construire un syndicalisme efficace pour défendre et développer l’école de la république, que nous voulons laïque, et active dans la construction d’un monde de progrès, d’un monde meilleur, d’un monde plus éclairé. Bon congrès mes camarades.
LE SNETAA
Historique L'équipe nationale Les instances nationales Statut du SNETAA Congrés National / CNE / Congrés d'étude Congrès National
La léchère 2007 Tarascon 2004 Anglet 2001 CNE Congrès d'étude SITE AVANT 2003 PUBLICATIONS
L'AP L'EP Les éditos du secrétaire général LIENS
Les sites académiques Les sites e.i.L Sites conseillés les pétitions
ESPACE ADHERENTSLes APBulletin d'adhesion ACCUEIL ACTUALITES LES ENSEIGNANTS Les certifiés et agrégés
Actualité Mutation Reclassement Notation
Avancement promotion Les PLP
Mutation Reclassement Notation Avancement promotion les stagiaires Les non titulaires
Traitement DROITS ET STATUTS
Statut des agrégés Statut des certifiés Statut des PLP Les non titulaires Statut des TZR Statut de la fonction publiques Congés Temps partiels
de droit sur autrisation Disponibilité
Autorisation d'absence RETRAITE DROITS SYNDICAUX PEDAGO / EDUCATION
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