INTERVENTION de Jean-Pierre Ardon Membre du Conseil National (Autrement) Internet, la communication et le syndicalisme En 1992 pour une de mes premières interventions devant les militants du snetaa je posai la question de la syndicalisation et de l’action syndicale. Elle est toujours actuelle. Je parle sous le contrôle des mes deux voisins immédiats ; Emmanuel Bellony président de séance et Christian Lage Secrétaire Général qui assistaient eux aussi à leur premier congrès SNETAA. Faible syndicalisation en France (à l’époque 9% dont 4% à une grande confédération). On voit ici une faiblesse des syndicats. Peut-être le manque d’imagination en dehors des trois options : pétition, manifestation, grève. Il existe toujours un faible taux de syndicalisation, même si nous résistons plutôt mieux que d’autres avec plus de 20% de pénétration dans notre champ de syndicalisation des PLP et la remontée du nombre des adhérents du SNETAA pour la première fois depuis 1999 qui est en effet un élément très positif. Mais attention, aux dernières élections professionnelles notre principal concurrent comme premier syndicat de la formation professionnelle initiale est devenu le pourcentage des abstentionnistes, plus de 30%, devant tous les autres syndicats. Donc comme vient de le dire Francisco Tello syndiquer plus c’est possible ! Deux raisons me semble t-il à la désaffection syndicale : Le syndicalisme de relais (du parti) pratiqué par nombre de syndicats en France est rejeté par les personnels. C’est celui qui est chargé de faire appliqué aux travailleurs les décisions du parti une fois au gouvernement. Il faut donc maintenir notre Indépendance syndicale. L’autre plaie du syndicalisme est qu’il ne rassemble plus autour de lui car il ne tire plus les mandats de ses adhérents mais de son appareil. Un bon résultat aux élections suffit pour avoir des moyens. Une classe sans élève c’est peut être plus reposant. Mais quel sens cela aurait-il ? Un syndicat sans adhérent serait-il possible ? Le nombre de ses adhérents doit être un élément de poids pour lui permettre d’agir en toute indépendance. Un syndicat a des comptes à rendre à ses adhérents pour rendre crédibles ses revendications auprès des pouvoirs publics et aussi de l’opinion publique. Sur des mandats clairs et c’est aussi dans notre culture et cela le restera, nous appellerons encore à pétition, grève et manifestation, mais pas seulement ! Car quelle est notre meilleure arme ? Notre communication est un outil puissant pour convaincre. Renaud Dutreil, ex Ministre de la Fonction Publique l’avait bien compris. Les propos qui ont pu lui être attribué portaient sur le fait que l’obstacle pour réduire la fonction publique était que celle-ci et ses personnels étaient respectés et populaires dans l’opinion publique. Il nous faut donc non plus seulement agir, mais être compris et mieux : soutenus. Nous serons plus efficaces si nos revendications sont comprises de la population, des partenaires, des personnels, des adhérents. Sans prendre position on sait par exemple le rôle joué par Internet et son influence dans le résultat du référendum sur la Constitution Européenne. Dans ce cadre l’outil Internet, avec nos sites, liste de diffusion, courriels, … peuvent être de puissants vecteurs de nos revendications. Dans ce sens il faut remercier l’ensemble des militants académiques qui chaque jour, souvent de manière bénévole mais passionnée font connaître nos idées via leurs sites académiques leurs courriels et communiqués numérisés. Ce n’est pas seulement le site national qui peut à lui seul couvrir les besoins en la matière. Quelques statistiques, de quoi être optimiste, de notre site Internet (snetaa.org) en place depuis deux ans : plus de 300 visiteurs en moyenne journalière soient 900 pages quotidiennes, avec des pointes sur plusieurs jours au-delà de 2500 visiteurs et 9000 pages lors du mouvement inter, merci Christian Guérin et merci Patrice Méric. Les pages sur les réponses à nos questions aux candidats aux présidentielles 2007 ont fait exploser, comme pour le mouvement, la fréquentation sur les jours précédant le vote du premier tour. Un autre exemple : vous avez tous un jour rencontré un responsable rectoral, régional, responsable technique ou politique. Un jour je me suis vu tenir des propos de ce style : Je viens de lire votre Edito sur Internet. Alors là, le SNETAA n’a pas l’air de faire l’effort de changer ses mandats (sous entendu l’apprentissage). Je ne suis pas d’accord avec vous. Mais je reconnais que c’est bien argumenté. Traduction : je fais mon métier et je ne suis pas payé pour soutenir vos mandats, mais quand je me retrouve citoyen, la connaissance de vos propos m’interpelle et me fait réfléchir, voire pourrait me convaincre. Alors occupons la toile : Communiquons en donnant du mouvement, dans le sens de nos propositions. Il faut, dans les mois qui viennent, populariser nos mandats émanant du présent Congrès. De notre réseau syndical interne (adhérents) et externe (partenaire et opinion publique) peut se créer de nouveaux rapports de force et la popularité de nos mandats. Le rôle d’un syndicat n’est-il pas de donner à tous les informations, la transparence, s’opposant à l’obscurantisme de tous les pouvoirs, informations qui permettront à chacun d’être acteur de sa vie professionnelle. Nous avions peut-être un peu sous-estimé notre force de conviction. Je ne sais si cela suffira. Mais c’est là, dans la communication, que peuvent se gagner de nouvelles formes de combats syndicaux dans l’avenir. Alors mes camarades pour le SNETAA eiL : Un syndicalisme d’Adhérent bien sûr c’est impératif, Un syndicalisme indépendant et revendicatif c’est nécessaire plus que jamais, Mais maintenant il nous faut aussi : un syndicalisme communicant Je vous remercie, … et rendez vous sur le net !
Congrès de La Léchère, mai 2007
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