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Mouvement des PLP 2020 : quid des discours du ministre quand les actes de la DGRH révèlent son contraire ?

Depuis l’élection du président de la République, le ministre de l’Éducation Nationale a donné sa ligne de force : priorité à l’École primaire (dédoublement des classes de CP, CE1, CE2 en REP et REP+) et, deuxième priorité, l’enseignement professionnel.

Si l’École appartient à sa Nation, elle doit pouvoir écouter, entendre et se réformer avec les professionnels de l’École : les enseignants et tous les personnels de l’Éducation Nationale. Jamais contre eux ! 

Pour dire simplement, on ne peut rien attendre de bon quand les personnels sont malheureux, quand on les méprise ou quand on les infantilise. La question des salaires est devenue une évidence. À ce propos, l’OCDE elle-même pointe les difficultés en France : «  si la France veut élever son niveau de qualification, elle doit nettement améliorer la rémunération de ses professeurs pour attirer les professionnels agiles, formés, ancrés pour dispenser et des savoirs de qualité et éduquer à la citoyenneté ». 

Le mouvement, les mutations des PLP cette année  ?

Les mutations sont un élément incontournable pour que les personnels soient – dans un cadre national et un système qui permette à tous les territoires de bénéficier d’enseignants qualifiés (fonctionnaires d’État de catégorie A) – au mieux, en poste au plus près de leurs souhaits, de leurs intérêts matériels et moraux. 
Dans les années 1990, les PLP disaient souvent : « On commence dans le nord ou en région parisienne mais nous savons qu’à l’horizon de 3 à 5 ans, nous pourrons obtenir l’affectation  désirée. » La succession des réformes de la gestion des personnels n’a fait qu’aggraver la situation sur les 20 dernières années. C’est un constat ! La dernière réforme portée par la Fonction Publique (loi du 30 août 2019) ne fait que sur-ajouter du malheur quand les propos promettent à chaque fois le contraire de ce que l’on constate. 

Chez les Professeurs de Lycée Professionnel, ce constat est encore plus amer. 

Nos  spécificités sont absolument utiles pour les jeunes (bivalence, pédagogie par projets, alternance entre école et PFMP, traitement des grandes difficultés chez les jeunes et, en même temps, permettre à nos meilleurs élèves, à nos meilleurs talents de se former à un métier qualifié) ; la spécificité du nombre de disciplines si singulières fait la richesse de nos formations au sein de l’École de la République ; le mouvement des PLP nécessite donc un traitement particulier, « sur mesure », du « cousu-main ». C’est vrai pour les disciplines où il y a peu de professeurs (bijouterie, arts-et-plumes, cycles-motocycles, conduite routière, etc). Pourtant l’amertume des PLP se voit aussi chez les professeurs de disciplines en nombre (lettres-histoire, maths-sciences, lettres-langue, économie-gestion, etc). 

Comment comprendre qu’il y ait des postes disponibles, en nombre, dans les académies et que les capacités d’accueil (la possibilité d’obtenir une mutation) soient hyper réduites ???

Le constat est sidérant : les rectorats ont multiplié l’embauche de professeurs contractuels ; les territoires restent sous tension, sans solution améliorative, sans professeurs titulaires en nombre suffisant (Créteil, Versailles, Amiens) ; les académies qui auraient pu bénéficier de PLP mutés complètent leur vivier de professeurs avec des embauches de contractuels souvent figés, de fait, dans la précarité, sous-payés, peu ou pas formés ; ceux-là craignent même de passer un concours pour devenir titulaires car ils ne veulent pas subir ce que subissent les professeurs titulaires pour leur affectation. 

L’adage des années 90 qui faisait accepter à chacun l’effort d’être affecté pendant quelques années dans des départements sous tension a été transformé en un purgatoire : après la première titularisation, l’espoir est vain à 5, 10, 15 ans d’obtenir une mutation dans le territoire convoité.

La technocratie a ceci de fort : quel que soit le ministre, les réformes de gestion des personnels s’ajoutent, se sur-ajoutent et, plutôt que de chercher à résoudre sérieusement les problématiques auxquelles nous devons ensemble, avec les personnels, faire face,  nous subissons un constat démobilisateur d’une aggravation de la situation des mutations des PLP. 

Les mutations des PLP à ce mouvement 2020 : une catastrophe ! 

Le constat est rude, violent car il s’agit de la vie concrète de femmes et d’hommes qui ont décidé de faire partager leurs savoirs, leur expertise, bref leur professionnalisme, aux jeunes qui sont souvent les plus en marge… de tout. 

Alors on continue à se battre, PLP par PLP, pour améliorer la situation de chacun.e. 

Nous pensons particulièrement à tous nos collègues issus des départements d’outre-mer, éloignés de leur famille, quand, en tant que contractuels, ils enseignaient là où étaient leurs intérêts matériels et moraux. 

Alors le SNETAA se bat. Situation par situation. Mais quand le constat en arrive à l’inverse de tous les discours, nous ne pouvons qu’être amers. Amers mais pas démobilisés ! 

Quelques chiffres :

Le SNETAA a été saisi par téléphone ou mail par plus de 500 collègues qu’il a écoutés, conseillés et aidés depuis le 4 mars, jour de publication individuelle des résultats.
Au 4 mai, 179 collègues mandatent le SNETAA pour une demande de révision. Les autres, en nombre, tristes, démobilisé·e·s, ne cherchent même plus à entamer un recours par manque de force. Ce sont alors souvent nos militants, dont notre psychologue clinicienne, qui se retrouvent à panser des plaies béantes engendrées par la situation administrative de ces collègues. 

Sur les 179 suivis, à ce jour , seulement 11 % de révisions ont été actées :
–  9 révisions à titre définitif ont été validées
– 11 révisions à titre provisoire ont été validées. Un nombre important de demandes ont des réponses négatives et bien évidemment sans motif.
– Il reste donc encore 120 personnes sans aucune réponse à ce jour. Sans compter tous les autres, dépités, qui renoncent à contester la décision de la DGRH et qui feront des professionnels de plus en plus malheureux sur le terrain des établissements scolaires quand d’autres prendront des dispo ou seront en arrêt maladie tellement leur situation psychologique s’en trouve meurtrie. 

Nous condamnons cette situation exécrable quand les instances représentatives (CAPA et CAPN) ne sont même plus réunies.
La pensée unique faisait accroire que le rôle des organisations syndicales, dûment élues par les personnels, empêchait un « bon mouvement ». La vérité est encore plus terrible cette année : sans aucun lyrisme, le mouvement des PLP 2020 est le plus mauvais de tous les temps . 

A noter que sur les demandes de révisions,18 d’entre elles le sontau titre des mouvements spécifiques nationaux, et  pour l’instant nous n’avons que deux réponses favorables mais à titre provisoire alors que les postes offerts sont vacants ! C’est invraisemblable !

 Le premier bilan que l’on peut  retirer des réponses négatives apportées : – Le système est maintenant pervers car tout vœu formulé obtenu est considéré comme satisfaisant le candidat quel qu’en soit le rang. Pour l’administration c’est parfois un motif pour refuser une révision. – La détention d’une RQTH n’est pas appréciée de la même façon dans toutes les académies. Ainsi beaucoup de collègues ne bénéficient-ils pas des 1 000 points espérés malgré des pathologies invalidant leur quotidien et  rendant leur avenir dans l’Éducation Nationale plus qu’incertain. Rappelons que chez les PLP un nombre important de stagiaires sont des personnes en deuxième carrière.

C’est la vie de dizaines de familles qui est impactée par l’ absence ou l’insuffisance de capacités d’accueil dans certaines académies alors que le nombre d’ entrants dans d’autres corps ou disciplines est lui privilégié. À titre d’exemple une académie très attractive comme Montpellier a un nombre d’entrants très faible au regard de ses besoins ! Par exemple : 32 postes sont vacants en biotechnologie quand il n’y a que deux entrées fermes possibles. Idem en vente où pour 25 postes vacants c’est seulement 3 entrants qui rejoignent cette académie. 

Quel effondrement ! Et quels sont les impacts sur les collègues et, plus globalement sur les jeunes en formation en enseignement professionnel ? 

Quant aux affectations en BTS… 

Pour rappel, l’enseignement professionnel ne peut réussir sa mission pour tous les jeunes qu’à deux conditions : 
1/ s’occuper des jeunes les plus en difficultés, ceux-là que tout le monde rejette, pour les former à des métiers qualifiés. C’est réenchanter leur avenir !
2/ permettre à tous les jeunes d’exprimer leurs talents et aller le plus loin dans leur possibilité qualifiante. L’enseignement professionnel ne doit pas être un cul-de-sac de formations discriminantes. C’est pour cela que nous menons la bagarre de l’implantation en nombre de sections BTS en LP mais aussi de Licences professionnelles. Elles permettent à nos meilleurs élèves de prétendre aux meilleures qualifications. 

Sur le dossier d’implantation des BTS en LP, il y a un frein énorme, administratif et idéologique pour empêcher de s’occuper de tous les jeunes quand la « pensée unique» veut enfermer l’enseignement professionnel dans un schéma sans ambition. Ainsi, dans les rectorats, nous ne parvenons pas à faire ouvrir en nombre des sections de BTS en LP avec des professeurs de lycées professionnels. 
Et quand le SNETAA obtient une ouverture de BTS en LP, c’est l’Inspection Générale avec l’appui de la DGRH, qui s’oppose à l’affectation de PLP sur ces BTS. Ainsi le PLP a toujours une qualité manquante, bien sûr… 

Le constat est aberrant : un grand nombre de postes en BTS ne sont ainsi pas affectés ; ils ne sont même pas couverts par des professeurs certifiés ou agrégés et on refuse l’affectation de PLP : on marche sur la tête ! La DGRH préfère laisser le poste vacant, qui sera alors occupé par un contractuel. 

Le SNETAA déplore encore cette année les a priori défavorables aux PLP  pour une affectation sur postes SPEN BTS. C’est infernal ! C’est idéologique ! C’est discriminant ! C’est lésant tant pour les PLP que pour l’ambition que nous avons pour les jeunes dont nous avons la charge.

Il reste beaucoup de travail pour défendre tous ces PLP insatisfaits et c’est ce à quoi le SNETAA s’est engagé. Le travail continue sur ces longues semaines de confinement, jusqu’à ce qu’un maximum de collègues obtiennent une  satisfaction réelle : leur vœu 1. 

Patience, courage, ténacité et efficacité telles sont les qualités que le SNETAA met à votre disposition pour défendre les intérêts des PLP.

Pour toute question relative au suivi de votre dossier individuel appelez le 01 53 58 00 30 ou laissez un mail sur mutations@snetaa.org

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