Transformation de la voie professionnelle

Cette rentrée 2020 marque la poursuite de la mise en place de la transformation de la voie professionnelle  ; elle concernera cette année les classes de première bac pro et de deuxième année de CAP

Le SNETAA-FO s’est battu pour maintenir tous les postes de PLP, pour défendre l’emploi, c’est le premier combat du premier syndicat des PLP et des contractuels de l’enseignement professionnel ! C’est d’abord le rôle du syndicat que de tout faire pour gagner la bataille de l’emploi pour les titulaires (et ainsi éviter les cartes scolaires) et pour les contractuels (en affectation tardive à cette rentrée ou licenciés pour d’autres). C’est donc se battre pour maintenir les structures, anticiper les transformations du marché du travail et donc des diplômes, se battre pour plus de DGH (donc des postes) partout avec des formations nouvelles (CAP 1, CAP 3, BTS, classes passerelles, mentions complémentaires, FCIL…). Le SNETAA refuse les batailles de salon qui dénoncent sans être force de propositions. Le SNETAA se bat pour les PLP, nos établissements spécifiques et l’émancipation d’une jeunesse. Nous croyons à la force de former et le travailleur et le citoyen éclairé.

Il faudra cette année encore mener de nombreuses batailles, à tous les niveaux, pour faire appliquer les textes mais aussi pour améliorer nos salaires et défendre nos valeurs essentielles (la laïcité, l’opposition à l’apprentissage comme premier niveau de qualification infra-bac, et son corollaire, le développement de l’enseignement professionnel initial, public et laïque).

LE SNETAA EXIGE PLUS QUE JAMAIS L’APPLICATION STRICTE DES GRILLES HORAIRES

Pour cette rentrée 2020, ce combat reste d’actualité avec la mise en place des nouvelles grilles horaires. Nous le martelons depuis 2 ans : l’application
stricte de ces grilles horaires, que le SNETAA-FO a durement discutées, est la garantie du maintien de la DGH et donc de la sauvegarde de tous les postes de PLP. Les textes qui régissent cette nouvelle réglementation sont les arrêtés du 21 novembre 2018 relatifs aux enseignements dispensés dans les formations sous statut scolaire préparant au baccalauréat professionnel.(https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000037833273/2019-08-12/) et au certificat d’aptitude professionnel (https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000037833254/2020-09-30/).

Ils sont explicités dans la note de service n° 2019-023 du 18 mars 2019 (https://www.education.gouv.fr/bo/19/ Hebdo12/MENE1905963N.htm). Votre établissement ne suit pas ces directives nationales ? Contactez sans tarder d’abord le responsable SNETAA dans l’établissement (S1) qui ira interroger
le chef d’établissement et portera votre voix au conseil d’administration. S’il faut se battre pour obtenir des textes nationaux réglementaires, il faut aussi se battre sur le terrain des établissements pour les faire appliquer. Rien ne va de soi ! Vous trouverez l’aide de la section académique du SNETAA-FO. Le service national « relation aux adhérents » est à votre disposition : 01.53.58.00.34. Ce qui est dû aux élèves et aux enseignants doit être effectivement dû ! Le SNETAA se bat pour obtenir des avancées dans les nouvelles modalités pédagogiques (co-intervention et chef d’œuvre)

POUR RAPPEL SUR…

  • la co-intervention : le SNETAA-FO a obtenu une dotation horaire professeur égale au double du volume horaire élève ce qui équivaut à de la DGH en plus par rapport aux premières grilles horaires annoncées par le ministre en mai 2018. L’utilisation de cette dotation doit être réservée exclusivement à la co-intervention.
  • le chef d’œuvre : en CAP, le SNETAA-FO a également obtenu une dotation horaire professeur égale au double du volume horaire élève sans condition de seuil (c’est-à-dire quel que soit l’effectif de la classe), ce qui équivaut aussi à de la DGH en plus par rapport aux premières grilles horaires annoncées par le ministre en mai 2018. Là encore, l’utilisation de cette dotation doit être réservée exclusivement au chef d’œuvre.

Le SNETAA-FO regrette que l’horaire hebdomadaire attribué en bac pro au chef d’œuvre ne permette pas un dédoublement systématique comme en CAP sauf à prendre sur la dotation complémentaire. Le SNETAA déplore encore pour cette nouvelle rentrée le manque de formation en amont proposée à nos collègues qui s’enquièrent souvent seuls de ces nouvelles modalités d’enseignement, tout cela dans des conditions sanitaires complexes et avec des élèves qui sont, pour beaucoup, en grande difficulté scolaire. Nos collègues ont toutes les peines du monde, depuis le début de la mise en place de la transformation de la voie professionnelle, à obtenir des conseils pratiques auprès d’IEN qui devraient être des pairs sur qui nous devrions pouvoir nous appuyer.

Pour autant, en tant que premier syndicat de l’enseignement professionnel, le SNETAA poursuit les discussions, fait de nombreuses propositions claires et tente d’arracher toutes les améliorations possibles pour les PLP. Nous bataillons notamment pour obtenir l’aménagement de la co-intervention en classe de terminale bac professionnel et du chef d’œuvre pour la classe de première année de CAP. Les batailles sont aussi à mener auprès de votre recteur, c’est là que le S3 du SNETAA intervient quand, dans votre établissement, les textes ne sont pas appliqués conformément au décret.

LE SNETAA EST OPPOSÉ AUX FAMILLES DE MÉTIERS

Le SNETAA-FO est toujours opposé aux « familles de métiers » et revendique le maintien de la professionnalisation dès l’entrée au lycée professionnel. C’est encore un mauvais coup pour nos élèves et nos conditions de travail, car ces regroupements en classes de seconde entrainent fermetures de sections dans des établissements et augmentations d’effectifs pour les sections maintenues.

LE SNETAA S’INQUIÈTE DE LA SUPPRESSION DU DI QUI VA PÉNALISER L’INSERTION PROFESSIONNELLE

Le décret sur la mise en œuvre de la nouvelle certification intermédiaire en bac pro acte la suppression du BEP à l’issue de la session 2021 (fin de l’inscription au Répertoire national des certifications professionnelles en 2023). Le SNETAA-FO voit dans la refonte du diplôme intermédiaire l’occasion de supprimer des CCF devenus obsolètes voire une ineptie chronophage pour la très grande majorité des professeurs de lycée professionnel. Cela permettra de récupérer de 40 à 100 heures pour enseigner programmes et référentiels, et renforcer ainsi la professionnalisation des diplômes et les enseignements fondamentaux.

Par ailleurs, le SNETAA-FO demande que les élèves inscrits en bac pro puissent continuer à passer le CAP de spécialité dans les meilleures conditions. En ce qui concerne la nouvelle attestation intermédiaire délivrée en fin de première bac pro, le SNETAA-FO défend toujours sa proposition initiale, celle de reconnaître pleinement le rôle des PLP et donc de renforcer le poids du conseil de classe du 3e trimestre en lui réservant la possibilité de délivrer souverainement cette attestation.

LE SNETAA EXIGE UN RÉEL SUIVI POUR LA MISE EN PLACE DU BAC PRO AGORA

Créée par l’arrêté du 18 février 2020 (https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/
JORFTEXT000041673101), la spécialité de baccalauréat AGORA (assistance à
la gestion des organisations et de leurs activités) remplace le bac pro GA en classe de seconde à compter de cette rentrée scolaire.


La spécialité AGORA est classée dans le secteur « services », les enseignements « économie-droit » et « langues vivantes B » sont retenus, et la durée de PFMP est fixée à 22 semaines.

La première session d’examen de la spécialité AGORA de baccalauréat professionnel aura lieu en 2023 (la dernière session d’examen du baccalauréat professionnel spécialité GA aura donc lieu en 2022).

Le SNETAA-FO s’est battu pour que le bac pro AGORA voie le jour et efface la terrible expérience du GA.

Pour le SNETAA-FO, il faut profiter de l’arrivée de ce nouveau diplôme pour créer une vraie filière tertiaire dans nos lycées professionnels, du CAP au BTS.

Cependant, le SNETAA-FO dénonce une mise en œuvre chaotique de ce nouveau bac professionnel, qui laisse nos collègues de la filière sans formation préalable, alors que nous avons réclamé, toute l’année dernière, la présence des IEN sur le terrain pour former nos collègues au nouveau référentiel. Nous déplorons qu’à cette rentrée 2020, les mesures d’accompagnement destinées à nos collègues ne soient toujours pas mises en place.

PFMP

Le SNETAA met en garde le ministère pour l’application des textes et alerte sur une crise sans précédent pour trouver des entreprises qui assurent les PFMP. La rentrée scolaire 2020 est marquée par la résurgence du covid-19. Ceci a notamment pour conséquence d’occasionner des difficultés pour nos élèves à trouver des entreprises en capacité de les accueillir en stage, en particulier dans certaines filières en tension et même maintenant dans les petites entreprises de l’industrie. Ces PFMP sont pour la plupart certificatives et indispensables pour valider le diplôme.Pour les élèves qui étaient en 2019-2020 en première année de CAP, en première année de BMA, en seconde ou en première de baccalauréat professionnel, et qui n’ont pu effectuer tout ou partie de leur PFMP sur cette fin d’année scolaire 2019-2020, ces PFMP ne seront pas reportées sur les années suivantes (2020-2021 ou 2021-2022). Néanmoins, pour obtenir le diplôme, ils devront avoir atteint le minimum réglementaire fixé au code de l’éducation pour chaque diplôme :

• 10 semaines pour le bac pro ;
• 5 semaines pour le CAP ;
• 8 semaines pour les mentions complémentaires ;
• 6 à 8 semaines du brevet des métiers d’art.

Ces dérogations à la durée des PFMP, habituellement fixée par les arrêtés de création de chaque spécialité de diplôme, resteront valables pour les sessions 2021 du CAP et des mentions complémentaires, pour les sessions 2021 et 2022 du bac professionnel et du brevet des métiers d’art.

LE SNETAA VOUS RAPPELLE…
Les modalités d’évaluation des enseignements généraux et les modalité d’évaluation du chef d’œuvre pour la session 2021 de l’examen de CAP ont été détaillées dans nos publications précédentes (AP d’octobre 2019). Le SNETAA-FO réclame la réduction du temps de chef d’œuvre en seconde CAP quand il s’avère que les jeunes ont plus besoin d’être consolidés sur les fondamentaux (lecture, écriture, compréhension, mathématiques, éducation civique, culture générale) au regard des évaluations de seconde alors qu’elles démontrent la faiblesse des acquis scolaires